Un incendie s'est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi dans un établissement pour l'enfance assistée de Mohammadia, dans la banlieue est d'Alger. Selon les autorités, onze personnes ont péri dans les flammes et dix-neuf autres ont été blessées. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a confirmé que des enfants figurent parmi les victimes.
Les équipes de la Protection civile sont intervenues peu après trois heures du matin. Les pompiers ont mis au moins trois heures à maîtriser le sinistre. Cinq personnes à mobilité réduite ont pu être évacuées en sécurité. Sur les dix-neuf blessés, dix souffrent de brûlures et neuf ont été pris en charge pour des problèmes respiratoires ou un état de choc.
Les investigations menées par la police ont conclu que l'incendie a été provoqué par une étincelle électrique provenant d'un climatiseur défectueux, qui fonctionnait sans interruption en raison de la forte chaleur.
Le Premier ministre Sifi Ghrieb s'est rendu dans deux hôpitaux de la capitale pour rendre visite aux blessés. Le président Tebboune, qui effectuait une visite officielle à Berlin, a exprimé sa « profonde tristesse » dans un message publié sur les réseaux sociaux, évoquant « la mort d'enfants et les blessures d'autres » à la suite de ce drame survenu le jour de la Journée nationale de l'enfance.
L'Algérie traverse depuis le 8 juillet une vague de chaleur intense. Les services de la Protection civile ont recensé 932 incendies en une semaine dans le nord du pays, où les températures pourraient atteindre 48 degrés Celsius ce week-end. Plusieurs feux de forêt sont également en cours.
La tragédie a suscité une vive émotion dans le pays et des appels à une enquête approfondie. Le parti d'opposition Jil Jadid a réclamé une « enquête transparente » et la mise en place d'un audit national des normes de sécurité dans les orphelinats, les hôpitaux et les écoles. Le journaliste Akram Kharief a qualifié l'incendie de « tragédie nationale » et plaidé pour des vérifications de sécurité dans tous les établissements publics.
Les funérailles des onze victimes ont eu lieu jeudi, alors que le pays reste sous le choc.