L'organisation Amnesty International a rendu publiques, le 11 juin 2026, des accusations graves contre le gouvernement israélien, l'incriminant pour une campagne de « nettoyage ethnique » visant les Palestiniens de Cisjordanie occupée. Dans un rapport détaillé de 149 pages, l'ONG basée à Londres affirme que les déplacements forcés subis par la population palestinienne ne résultent pas d'actes isolés de colons extrémistes, mais d'un projet d'annexion méthodiquement soutenu par l'État hébreu.

« Ce ne sont pas les actions de quelques colons extrémistes, mais d'un projet étatique », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International, lors de la présentation des conclusions. Elle a appelé la communauté internationale à imposer un boycott contre l'État israélien, alors que les violences dans la région ne cessent de s'intensifier.

Accusation de déplacement forcé à grande échelle

Le rapport de l'organisation documente ce qu'elle présente comme des preuves d'une politique délibérée de déplacement forcé des Palestiniens de leurs terres en Cisjordanie. L'ONG accuse les autorités israéliennes de faciliter et d'accélérer l'expansion des colonies, au détriment des communautés palestiniennes, notamment les plus vulnérables comme les communautés bédouines de la région de Khan al-Ahmar. Selon le document, les destructions de maisons, les confiscations de terres et les restrictions de mouvement imposées par l'armée israélienne s'inscrivent dans une stratégie visant à vider le territoire de sa population palestinienne pour préparer son annexion.

L'organisation rappelle que le déplacement forcé de populations civiles en territoire occupé constitue une violation grave du droit international humanitaire, notamment de la quatrième Convention de Genève. Amnesty International estime que les actions menées par l'État hébreu en Cisjordanie occupée équivalent à un « nettoyage ethnique », un terme employé pour décrire un processus visant à rendre un territoire ethniquement homogène par la coercition, la violence et le déplacement.

Appel au boycott international

Face à ce qu'elle qualifie d'« agression » et de « projet d'annexion », Amnesty International a lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle impose un boycott contre Israël. L'organisation exhorte les gouvernements, les institutions et les entreprises à suspendre toute coopération militaire, économique et diplomatique avec l'État hébreu tant que ces pratiques persistent.

« Les crimes ne peuvent pas être normalisés. La communauté internationale a le devoir d'agir », a insisté Agnès Callamard. L'appel au boycott vise à faire pression sur le gouvernement israélien pour qu'il cesse ce que l'ONG décrit comme une campagne systématique contre la population palestinienne de Cisjordanie.

Contexte d'escalade des violences et d'expansion des colonies

Ces accusations interviennent dans un contexte de tensions et de violences croissantes en Cisjordanie occupée. Plusieurs observateurs ont noté, depuis plusieurs mois, une accélération de la colonisation israélienne, avec la construction de nouvelles implantations et l'extension des existantes. Les violences entre colons israéliens et Palestiniens, ainsi que les opérations de l'armée israélienne dans les zones sous contrôle palestinien, se sont multipliées.

Le rapport d'Amnesty International s'inscrit dans une série de publications et de déclarations mettant en cause la politique israélienne dans les territoires palestiniens occupés. Des organisations de défense des droits humains, tant israéliennes qu'internationales, ont déjà alerté sur le risque d'annexion de fait de la Cisjordanie et sur les conséquences humanitaires pour la population palestinienne.

Les autorités israéliennes n'avaient pas, dans l'immédiat, réagi officiellement aux conclusions du rapport. Le gouvernement israélien a toujours rejeté les accusations de violations systématiques des droits humains et de pratiques d'apartheid ou de nettoyage ethnique, les qualifiant de partiales et politiquement motivées.

Implications internationales

Cet appel au boycott relance le débat sur les sanctions internationales contre Israël. Si plusieurs pays et organisations ont exprimé leur préoccupation face à l'expansion des colonies, un boycott généralisé reste un sujet controversé sur la scène diplomatique. Les États-Unis, principal allié d'Israël, se sont toujours opposés à de telles mesures. L'Union européenne, quant à elle, a multiplié les déclarations condamnant la colonisation, sans franchir le pas d'un embargo ou d'un boycott.

Le rapport d'Amnesty International pourrait toutefois accentuer la pression sur certains gouvernements, notamment en Amérique latine, en Afrique du Sud ou dans plusieurs pays européens où la société civile se mobilise de plus en plus sur la question palestinienne. L'organisation appelle à une action immédiate pour empêcher ce qu'elle décrit comme une catastrophe humanitaire imminente.