Avec « Amputation », Bruce Wagner, écrivain et acteur surtout connu pour ses satires acerbes de Hollywood, signe une œuvre qui ne fait pas dans la dentelle. Le livre, annoncé comme une descente en flammes de Beverly Hills, dépeint les travers d’un microcosme où l’argent, le pouvoir et l’image règnent en maîtres.
Nourri de plusieurs décennies passées dans les coulisses du cinéma américain, Wagner utilise une plume incisive pour mettre en scène des personnages aussi ridicules que monstrueux. L’intrigue se déroule dans les rues dorées de Beverly Hills, temple de la réussite californienne, mais que l’auteur transforme en un champ de ruines morales. Les lecteurs retrouveront l’humour noir et la verve provocatrice qui ont fait la réputation de l’écrivain, notamment dans son précédent roman « Force majeure ».
Un style radical
Loin des récits consensuels, « Amputation » assume une forme radicale. Wagner y règle ses comptes avec une industrie qu’il connaît de l’intérieur, mêlant anecdotes cruelles et dialogues cinglants. Le titre lui-même, évoquant l’ablation, suggère une opération chirurgicale menée contre les illusions et les hypocrisies du milieu. Le critique qui a présenté l’ouvrage souligne que l’auteur « passe Beverly Hills au lance-flammes », image qui résume l’ambition destructrice du texte.
Un miroir tendu à l’Amérique
Ce nouveau roman s’inscrit dans une tradition littéraire américaine qui n’a pas peur de fustiger les dérives du rêve américain. Par le prisme de Beverly Hills, Bruce Wagner vise plus large : il interroge la vacuité d’un système où la célébrité est une fin en soi et où l’argent corrompt jusqu’aux relations humaines. Le livre ne laisse aucun répit au lecteur, alternant séquences surréalistes et moments d’une ironie féroce.
En dépit de sa noirceur, « Amputation » a déjà suscité l’intérêt des amateurs de littérature acide. On y retrouve l’influence d’écrivains comme Bret Easton Ellis ou Evelyn Waugh, mais avec une signature propre à Wagner, mêlant la culture pop à une critique sociale radicale. La parution du roman est attendue comme un événement pour ceux qui suivent les chroniques impitoyables du tout-Hollywood.