Une popularité qui transcende le terrain
Alors que la Coupe du monde 2026 bat son plein, un nom revient sans cesse dans les conversations, bien au-delà des stades : Erling Haaland. L’attaquant norvégien, déjà connu pour ses exploits sportifs, est devenu un véritable phénomène viral. Sa notoriété a explosé aux États-Unis, où il séduit un public qui le découvrait à peine il y a quelques semaines. « Nous sommes tous derrière Erling Haaland, nous sommes tous tombés amoureux de lui, il est à la fois drôle et monstrueux », confie une supportrice américaine croisée lors d’une célébration norvégienne à Miami. Un résident de la ville renchérit : « Je suis fasciné par M. Haaland. C’est une machine, ce type. Terminator, dégage. »
La machine à contenu : deepfakes et mèmes
Mais le phénomène ne se limite pas à ses performances sur le gazon. Une grande partie de l’engouement autour de Haaland provient de contenus générés par intelligence artificielle (IA). Une vidéo devenue virale le montrait en train de sursauter en voyant son reflet dans un restaurant. Pourtant, il ne s’agit pas de lui. Les vérificateurs de faits ont retrouvé l’origine de ce clip : une saynète comique de l’humoriste chinois Jin Long, publiée sur TikTok à la mi-juin. Malgré les corrections, la vidéo a continué à circuler, cumulant plus de 31 millions de vues en quelques jours. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. La popularité du joueur en Chine, où il est surnommé « Habao » (grossièrement « Bébé Ha »), a donné naissance à une véritable industrie de mèmes et d’éditions générés par IA. Il y apparaît dans des publicités pour une boisson à base de plantes, tente de parler mandarin, ou encore devient le sujet de chansons.
Un nouveau rapport à la célébrité
Cette prolifération de faux contenus interroge. « Que se passe-t-il quand le deepfake devient de l’art de fan ? », s’interroge une analyse. L’ancien modèle de la célébrité, où l’artiste contrôlait jalousement son image, semble révolu. Aujourd’hui, le joueur devient un personnage « open source », que les internautes s’approprient. L’attrait ne vient plus seulement des faits d’armes sportifs, mais d’un personnage aux traits reconnaissables, aux histoires et aux tics de langage. Les supporters de la génération Z se sentent plus connectés aux athlètes individuels qu’aux équipes, et les contenus sur les réseaux sociaux sont le principal moteur de leur engagement.
Haaland, ambassadeur malgré lui
Parallèlement, le véritable Haaland cultive une image accessible et décalée. Ses stories Snapchat loufoques, ses interviews sans filtre et ses vlogs candidement réalistes ont conquis le public américain. Il poste des selfies avec le filtre Shrek, répond directement aux fans avec des émoticônes rieuses, et s’excuse platement d’avoir mal orthographié Orlando en « Ornaldo ». Il a été vu portant un t-shirt « Y’all can kiss my Dallas » (Vous pouvez tous embrasser mon Dallas) lors d’une virée dans un magasin western au Texas. Ces apparitions, réelles celles-ci, renforcent son aura de personnage authentique et attachant. Sa page Instagram est passée de 40 à 60 millions d’abonnés durant le tournoi, témoignant de cet engouement.
Un champion aux multiples facettes
Le joueur n’en oublie pas pour autant ses performances sportives. Il est en lice pour le titre de meilleur buteur du Mondial, aux côtés de Messi et Mbappé. Mais pour beaucoup d’Américains qui le découvrent, c’est son personnage plus que ses buts qui fait la différence. « Pour nous, Américains qui ne connaissons pas grand-chose au foot… c’est merveilleux, il est incroyable », résume un supporter. Que ce soit par l’IA ou par sa personnalité authentique, Erling Haaland est devenu le héros viral de cette Coupe du monde.