En Andalousie, la formation de la droite traditionnelle et le parti d’extrême droite Vox ont officialisé un accord leur permettant de gouverner ensemble cette région de près de 8,5 millions d’habitants. L’entente, annoncée le 3 juillet 2026, prévoit que le conservateur Juan Manuel Moreno Bonilla, issu du Parti populaire (PP), dirige l’exécutif régional. Le PP et Vox siègeront conjointement au sein du gouvernement andalou.
Un accord qui rompt avec une tradition de gauche
L’Andalousie était jusqu’à présent un bastion du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). La nouvelle coalition met fin à plusieurs décennies de domination socialiste dans cette région du sud de l’Espagne. L’arrivée de Vox aux responsabilités exécutives marque une première dans cette communauté autonome. Les deux partis ont fait valoir leur volonté de mettre en œuvre un programme axé sur la réduction des impôts, la libéralisation de l’économie et un durcissement des politiques sécuritaires.
Un contexte national tendu
Cette alliance intervient à moins d’un an des prochaines élections législatives espagnoles, prévues pour 2027. Le rapprochement entre la droite et l’extrême droite en Andalousie est observé de près par les commentateurs politiques, qui y voient un test pour une éventuelle coalition au niveau national. Les deux formations n’excluent pas de reproduire ce modèle à l’échelle du pays si les résultats des urnes le permettent. Les positions les plus radicales de Vox, notamment en matière d’immigration, d’éducation ou de mémoire historique, inquiètent les formations de gauche et les associations de défense des droits humains.
Réactions contrastées
Les dirigeants du PP ont justifié cet accord par la nécessité de garantir une majorité stable pour gouverner l’Andalousie. De son côté, Vox a salué une entente conforme à ses principes politiques. Les partis d’opposition, dont le PSOE et la gauche radicale de Sumar, dénoncent une alliance qui ferait entrer l’extrême droite dans les institutions régionales. Des manifestations citoyennes ont eu lieu devant le Parlement andalou à Séville pour exprimer leur désaccord avec cette coalition.
Enjeux mémoriels et sociétaux
Parmi les points de friction annoncés, la gestion de la mémoire de la dictature franquiste suscite des tensions. Vox a affirmé son intention de revenir sur certaines mesures de la loi de mémoire historique, tandis que le PP s’est montré plus discret sur le sujet. Les associations de victimes du franquisme redoutent un effacement des politiques de réparation menées ces dernières années. Dans le même temps, des organisations féministes et LGBTQ+ craignent un recul sur les droits acquis, Vox ayant promis de supprimer certains dispositifs d’égalité.
Un précédent dans d’autres régions
Cette alliance en Andalousie fait suite à d’autres coalitions entre la droite et l’extrême droite en Espagne, notamment dans la région de Murcie et dans la Communauté de Madrid. Cependant, l’Andalousie est la première région de par sa population, ce qui confère à cet accord une portée symbolique et politique accrue. Les analystes estiment que ce précédent pourrait influencer les stratégies d’alliance dans d’autres communautés autonomes et au niveau national.