La réalisatrice Andréa Bescond, figure du mouvement #MeToo et connue pour son film « Les Chatouilles », a été interpellée puis placée en garde à vue mardi 9 juin à Paris, à l'issue d'une action de protestation organisée place Vendôme. Elle affirme avoir été retenue pendant douze heures dans ce qu'elle qualifie de « détention arbitraire ».

L'actrice et réalisatrice participait à un rassemblement lié à l'affaire dite « Lyhanna », du prénom d'une jeune fille dont le décès suscite une vive émotion. La manifestation s'est déroulée devant le ministère de la Justice. Les forces de l'ordre sont intervenues au terme de l'action, conduisant à l'interpellation de plusieurs personnes, dont Andréa Bescond.

Une garde à vue de douze heures contestée

Selon les déclarations de l'intéressée, elle a été maintenue en garde à vue pendant près d'une demi-journée avant d'être libérée. Elle estime que cette mesure n'était pas justifiée et dénonce une privation de liberté abusive. Ses avocats ont indiqué qu'ils étudient les voies de recours possibles pour contester la régularité de la procédure.

La préfecture de police n'a pas communiqué officiellement sur les motifs précis de l'interpellation ni sur le nombre de personnes placées en garde à vue. Les autorités judiciaires n'avaient pas, à ce stade, confirmé l'ouverture d'une enquête.

Une figure médiatique engagée

Andréa Bescond s'est imposée comme une voix importante dans la lutte contre les violences sexuelles et l'inceste, après avoir elle-même raconté son histoire dans « Les Chatouilles », adapté au cinéma et au théâtre. Son engagement public l'amène régulièrement à prendre part à des mobilisations citoyennes.

L'affaire « Lyhanna », qui a motivé le rassemblement de mardi, concerne le décès d'une fillette de huit ans en décembre 2025. Les circonstances de sa mort et les suites judiciaires suscitent une forte émotion dans l'opinion et des appels à une réforme du système de protection de l'enfance.

Des précédents de tensions lors de rassemblements

La place Vendôme, qui abrite le ministère de la Justice, a été ces derniers mois le théâtre de plusieurs manifestations liées à des affaires judiciaires sensibles. Les forces de l'ordre ont parfois procédé à des interpellations lorsque les rassemblements se prolongeaient au-delà des horaires autorisés ou en cas de troubles à l'ordre public.

Andréa Bescond n'est pas la première personnalité publique à être interpellée dans ce contexte. En mars dernier, une autre militante féministe avait été placée en garde à vue lors d'une action similaire. Ces épisodes relancent régulièrement le débat sur le droit de manifester et les conditions de la rétention policière.

Un précédent judiciaire en 2024

La comédienne avait déjà fait l'objet d'une interpellation en janvier 2024, lorsqu'elle avait été arrêtée après avoir brandi une pancarte portant l'inscription « Oui à la castration chimique » lors d'une manifestation devant le palais de justice de Paris. Cette affaire avait été classée sans suite.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs soutiens ont exprimé leur solidarité avec Andréa Bescond et dénoncé ce qu'ils considèrent comme une atteinte aux libertés publiques. Des associations de défense des droits des femmes ont appelé à ne pas politiser l'incident tout en rappelant l'importance de la liberté de manifestation.

Des suites encore incertaines

À l'heure actuelle, aucune charge n'a été retenue contre la réalisatrice. Ses avocats attendent la communication officielle du procès-verbal d'audition pour déterminer les suites à donner. Il n'est pas exclu qu'une plainte soit déposée pour contester les conditions de la garde à vue.

Le parquet de Paris n'a pas fait de déclaration publique. Le ministère de la Justice, interrogé par plusieurs médias, n'a pas commenté l'interpellation.

L'affaire « Lyhanna » continue par ailleurs d'alimenter les débats parlementaires. Plusieurs élus ont réclamé une mission d'information sur le fonctionnement de l'aide sociale à l'enfance. Le gouvernement a annoncé des mesures de réforme, sans calendrier précis.

Andréa Bescond n'a pas annoncé de nouvelle action de protestation, mais ses proches laissent entendre qu'elle pourrait poursuivre son engagement sur ce dossier.