Andy Burnham est officiellement devenu le nouveau Premier ministre du Royaume-Uni ce lundi 20 juillet, après que Keir Starmer a présenté sa démission au roi Charles III. Le souverain a aussitôt chargé l’ancien maire de Manchester de former un nouveau gouvernement. Dans ses premières déclarations publiques, M. Burnham a fixé une priorité immédiate : mettre un terme à la crise des sans-abri. « Ma première instruction : mettre fin à la crise des SDF », a-t-il annoncé.

Le dirigeant travailliste a également dévoilé les grandes lignes de son projet pour le pays. Il entend présenter un plan à dix ans visant à « recâbler » le Royaume-Uni, selon ses termes. Il promet des « changements profonds » pour remettre l’économie sur les rails et restaurer la crédibilité des institutions. Il a notamment martelé le message « J’ai un plan », cherchant à incarner une alternative crédible face à la montée du populisme.

Cette arrivée intervient dans un contexte politique instable. Andy Burnham est le septième locataire du 10 Downing Street depuis le référendum sur le Brexit de juin 2016. Il dispose toutefois d’un répit : les vacances parlementaires ont commencé et ne prendront fin que le 1er septembre. Ce délai lui laisse le temps de peaufiner sa feuille de route avec son équipe avant d’affronter les débats à la Chambre des communes.

Sur le plan économique, le nouveau Premier ministre hérite d’une situation difficile. Dix ans après le Brexit, les effets de la sortie de l’Union européenne continuent de peser sur la croissance britannique. Andy Burnham assure vouloir redonner confiance aux citoyens et aux investisseurs, tout en faisant face à des caisses publiques « en morceaux », selon l’expression employée par certains observateurs. Il se présente comme un homme neuf, défenseur d’une nouvelle manière de faire de la politique, à un moment où l’extrême droite gagne du terrain dans le pays.

Le maire de Manchester, qui a dirigé la ville pendant plusieurs années, capitalise sur son bilan local pour légitimer son projet national. Il accède à ce poste sans avoir été directement élu par les urnes, après la démission de son prédécesseur. Reste à savoir si son plan décennal suffira à sortir le Royaume-Uni de l’ornière et à contenir la montée des forces populistes.

Le cas britannique offre également un éclairage pour le débat politique français, alors que les deux pays sont confrontés à des défis similaires : relancer l’action publique avec des finances contraintes et restaurer la crédibilité face à la progression des partis eurosceptiques et d’extrême droite. Andy Burnham entend démontrer qu’une alternative crédible est encore possible, mais le chemin s’annonce semé d’embûches.