Le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, va tenter de faire son retour sur la scène parlementaire britannique. Figure de proue du Labour dans le nord de l'Angleterre, où il est parfois surnommé le « roi du Nord », il est candidat à une élection législative partielle qui se tiendra le 18 juin dans la circonscription de Makerfield. Cette élection est perçue comme un tremplin potentiel vers des ambitions plus élevées : prendre la tête du Parti travailliste et, à terme, celle du gouvernement.
Âgé de 56 ans, Andy Burnham n'est plus député depuis plusieurs années. Il a pourtant occupé des postes ministériels de premier plan sous le gouvernement de Gordon Brown, entre 2007 et 2010, notamment comme secrétaire à la Santé, à la Culture et au Trésor. Ses deux précédentes tentatives pour diriger le Labour ont échoué : il a été battu par Ed Miliband en 2010 puis par Jeremy Corbyn en 2015. Aujourd'hui, alors que le parti est revenu au pouvoir en 2024 après quatorze ans dans l'opposition, le contexte politique semble plus favorable.
Une crise politique pour Keir Starmer
Le Premier ministre Keir Starmer traverse en effet une période difficile. Sa cote de popularité est en chute libre et il a subi une défaite retentissante lors des élections locales du 7 mai dernier. Ce revers affaiblit sa position à la tête du parti et du gouvernement. Dans ce climat d'incertitude, la candidature d'Andy Burnham à une législative partielle est interprétée comme une manœuvre pour se positionner en successeur potentiel. La circonscription de Makerfield, située dans le nord-ouest de l'Angleterre, est considérée comme un bastion travailliste.
Un parcours jalonné d'expériences et d'ambitions
Pour Andy Burnham, cette élection n'est pas simplement une étape locale. Elle représente une opportunité de revenir à Westminster depuis le poste de maire du Grand Manchester, fonction qu'il occupe avec une popularité certaine. Son profil, ancré dans le nord de l'Angleterre et porté par un discours social, pourrait séduire une base militante en quête de renouveau. Si sa candidature aboutit à une victoire, les observateurs estiment que cela lui offrirait une plateforme pour briguer, à plus ou moins long terme, la direction du Parti travailliste, et viser le poste de Premier ministre.
Makerfield, une circonscription clé
L'élection partielle dans la circonscription de Makerfield est donc scrutée avec attention. Andy Burnham, qui a déjà fait campagne dans la région, mise sur son ancrage local et son bilan à la tête de la métropole de Manchester. Il devra convaincre les électeurs qu'il est l'homme de la situation pour représenter leurs intérêts à Londres. Sa candidature intervient à un moment où les travaillistes cherchent à redorer leur blason après la défaite locale de mai.
La suite de la vie politique britannique dépendra en partie de l'issue de ce scrutin. Une victoire d'Andy Burnham pourrait sérieusement ébranler la position de Keir Starmer et ouvrir une période de transition au sein du Labour. En attendant, tous les regards sont tournés vers le 18 juin et le duel qui se joue à Makerfield.