Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a profité de la London Climate Action Week pour adresser une mise en garde aux entreprises technologiques. Il leur a demandé de révéler sans réserve le coût écologique réel de leurs infrastructures liées à l’intelligence artificielle. Le chef de l’ONU a officialisé le lancement d’une initiative visant à encadrer la mesure et la publication des données environnementales du secteur, notamment l’empreinte carbone, la consommation d’eau et l’occupation foncière.
Des chiffres qui interpellent
Selon une étude onusienne rendue publique début juin, les centres de données mondiaux ont absorbé 448 térawattheures d’électricité en 2025. Ce volume est à peine inférieur à la consommation totale de la France, qui s’est élevée à 468 TWh sur la même période. Antonio Guterres a souligné que l’IA exige également des ressources hydriques considérables pour le refroidissement des serveurs. Les projections des Nations unies avancent que d’ici la fin de la décennie, la quantité d’eau nécessaire au refroidissement des datacenters dédiés à l’IA pourrait égaler les besoins de base de l’ensemble de la population d’Afrique subsaharienne, soit 1,3 milliard de personnes pendant un an.
Une urgence climatique réaffirmée
Le secrétaire général a exhorté les industriels à faire preuve d’une transparence totale, utilisant la formule « Il est temps de jouer cartes sur table ». Il a également appelé le secteur à s’engager à alimenter la totalité de ses installations avec des énergies renouvelables d’ici 2030. Cette intervention intervient alors que la course à la puissance de calcul s’accélère, avec le déploiement de superordinateurs toujours plus imposants, à l’image de Colossus. Antonio Guterres a déploré une expansion industrielle qu’il juge déconnectée des réalités climatiques.
Un appel à une action climatique plus vigoureuse
Au-delà du cadre strict de l’IA, Antonio Guterres a renouvelé son appel à une action climatique « beaucoup plus urgente ». Il a insisté sur la nécessité pour les gouvernements et les entreprises de redoubler d’efforts pour respecter les objectifs de l’accord de Paris. Cette double injonction – transparence sur le coût écologique de l’IA et accélération des politiques climatiques – marque une volonté de l’ONU de ne pas laisser le développement technologique se faire au détriment de la planète.