Le Hezbollah a dénoncé ce que la formation qualifie de violations répétées du cessez-le-feu par l'armée israélienne. Selon des sources concordantes, la milice libanaise fait état d'incursions et de tirs israéliens dans le sud du Liban, survenus à deux reprises au cours des dernières quarante-huit heures. Ces accusations surviennent alors que l'accord de cessez-le-feu, censé mettre un terme aux hostilités déclenchées en mars par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran, est déjà fragilisé par des affrontements persistants.
Parallèlement, Tsahal a annoncé jeudi la mort d'un de ses soldats dans le sud du Liban. Le militaire, identifié comme le sergent-chef Bassel Suied, âgé de 32 ans, occupait les fonctions de chauffeur. Selon les explications de l'état-major israélien, il a trouvé la mort lorsque son véhicule s'est retourné au cours d'une « activité opérationnelle » menée dans la région. Ce décès porte à 37 le nombre de soldats israéliens tués dans le sud du Liban depuis le début de la guerre avec le Hezbollah en mars, auxquels s'ajoute un contractuel.
Des hostilités qui persistent malgré l'accord
L'accord de cessez-le-feu, paraphé le 17 juin entre l'Iran et les États-Unis, prévoyait une période de soixante jours de négociations en vue d'un règlement durable. Toutefois, de nombreux points de divergence subsistent, notamment sur le programme nucléaire iranien et le contrôle du détroit d'Ormuz. Aux États-Unis, les critiques se multiplient à l'encontre du président Donald Trump, accusé d'avoir concédé trop de terrain à Téhéran pour mettre fin à un conflit devenu impopulaire.
Malgré cet accord, les violences n'ont pas cessé au Liban. Les jours précédents, des frappes israéliennes avaient déjà causé la mort de 47 personnes et fait 97 blessés, selon un bilan établi par les autorités libanaises. Beyrouth avait alors dénoncé une « escalade dangereuse ». Des tirs d'artillerie et des incursions terrestres israéliennes se sont poursuivis dans le sud du pays, visant selon l'armée israélienne des positions et des infrastructures du Hezbollah.
Un fragile cessez-le-feu sous tension
Le Hezbollah, de son côté, affirme que les forces israéliennes ont franchi la ligne de cessez-le-feu à plusieurs reprises, menant des opérations de reconnaissance et ouvrant le feu contre des positions libanaises. Ces accusations d'une double violation en deux jours, si elles étaient confirmées, risquent d'envenimer davantage une trêve déjà précaire. La communauté internationale observe avec inquiétude la situation, tandis que les négociations directes entre l'Iran et les États-Unis peinent à avancer sur les questions de fond.
Sur le plan économique, la guerre a aussi eu des répercussions sur les marchés pétroliers. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, est passé sous son niveau d'avant le conflit, atteignant 72,44 dollars jeudi, soit une baisse de plus de 1 %. Cette évolution traduit un certain apaisement des craintes liées à la reprise progressive du trafic dans le détroit d'Ormuz, voie stratégique pour le transport du pétrole.
La mort du sergent-chef Bassel Suied et les accusations du Hezbollah illustrent la fragilité de la trêve en vigueur. L'armée israélienne affirme poursuivre ses opérations dans le sud du Liban pour « sécuriser la zone frontalière » et empêcher toute infiltration du Hezbollah, tandis que la milice chiite promet de riposter à toute violation du cessez-le-feu. La population civile libanaise, déjà durement éprouvée par des mois de guerre, reste dans l'attente d'une paix durable qui tarde à se concrétiser.