New York — Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni en urgence lundi, sous la demande de la France, alors que la situation au Liban s'est dramatiquement aggravée. Les quinze membres du Conseil, à l'exception notable des États-Unis, ont appelé Israël à retirer ses troupes du sud du Liban et à renoncer à des frappes imminentes menaçant la banlieue sud de Beyrouth.

La séance s'est déroulée dans un climat de panique au Liban, où des dizaines de milliers de personnes fuyaient leurs habitations. Les refuges étaient saturés, après qu'Israël a menacé de bombarder la capitale libanaise. La veille, l'armée israélienne avait progressé plus avant dans le territoire libanais du sud, s'emparant du château de Beaufort — un site qui avait servi de quartier général à l'armée israélienne lors de l'occupation du Liban entre 1982 et 2000. Le fait d'y avoir hissé le drapeau israélien a suscité une vive indignation.

Martha Ama Akyaa Pobee, haute responsable des Nations unies, a déclaré devant le Conseil que « la présence d'Israël au nord de la Ligne bleue constitue une violation flagrante de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Liban », en référence à la ligne de démarcation entre Israël et le Liban. « Ces hostilités ont des répercussions dans toute la région », a-t-elle ajouté.

Critiques unanimes des grandes puissances

Les critiques les plus acerbes à l'encontre d'Israël sont venues de la France, du Royaume-Uni, de la Russie et de la Chine, tous membres permanents du Conseil. La France, par la voix de son ambassadeur Jérôme Bonnafont, a qualifié l'action israélienne d'« erreur stratégique majeure », tout en reconnaissant le droit d'Israël à se défendre contre le Hezbollah. « Rien ne peut justifier la poursuite et l'ampleur de ses opérations militaires au Liban », a-t-il martelé.

Le représentant adjoint du Royaume-Uni, James Kariuki, a condamné « cette escalade militaire israélienne irresponsable et disproportionnée », estimant qu'elle « aggrave une situation déjà dévastatrice pour les civils libanais et met le gouvernement libanais sous une pression supplémentaire ».

L'ambassadeur israélien, Danny Danon, a assuré qu'Israël ne cherchait ni l'escalade ni l'annexion de territoire libanais. « Le problème, c’est le Hezbollah », a-t-il affirmé, rappelant que ce mouvement avait attaqué Israël début mars en soutien à l'Iran. Il a également souligné que les tirs de roquettes depuis le Liban s'étaient intensifiés ces dernières semaines.

Les États-Unis isolés

Seuls les États-Unis, cinquième membre permanent du Conseil et initiateur de la guerre avec l'Iran en février, ont recentré leurs interventions sur la responsabilité de l'Iran et du Hezbollah, sans s'associer à l'appel au retrait israélien. Cette position a mis en évidence l'isolement de Washington sur ce dossier.

Les autres membres du Conseil — Bahreïn, la République démocratique du Congo, le Pakistan, le Danemark, le Liberia et la Colombie (qui assure la présidence tournante en juin) — ont réclamé une désescalade immédiate de la part d'Israël, exprimant leurs craintes que les frappes, les déplacements de population et les destructions ne compromettent toute perspective de paix durable.

Le Liban, par la voix de son ambassadeur Ahmad Arafa, a demandé une condamnation unanime des actions israéliennes. Il a critiqué l'incapacité du Conseil à mettre un terme aux « agressions répétées » contre son pays, ce qui, selon lui, « a enhardi l'auteur à commettre les mêmes crimes encore et encore ».

Médiation présidentielle et enjeux régionaux

L'escalade a poussé le président américain Donald Trump à intervenir. Ce dernier a affirmé avoir obtenu un accord entre Israël et le Hezbollah pour qu'ils s'engagent mutuellement à ne pas s'attaquer. Les termes précis de cet accord n'ont pas été officiellement détaillés.

Parallèlement, le sort des négociations de paix entre l'Iran et les États-Unis est en jeu. Téhéran a signalé qu'il suspendrait les pourparlers si Israël frappait Beyrouth. L'Iran a également conditionné tout accord de paix à la fin des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, et ses forces armées ont lancé un avertissement d'évacuation aux habitants du nord d'Israël.

Le gouvernement libanais, bien qu'engagé dans des négociations directes avec Israël pour mettre fin aux hostilités, n'a aucun pouvoir sur le Hezbollah. L'organisation, qui a attaqué Israël en mars en défense de l'Iran, poursuit ses tirs, tandis qu'Israël mène des opérations visant à la détruire. La situation demeure extrêmement tendue, avec un risque d'embrasement régional.