Ce jeudi 11 juin, l’Assemblée nationale examine une proposition de loi déposée par le groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) qui prévoit la nationalisation d’ArcelorMittal. Le texte avait déjà été présenté en novembre 2025 par les députés de La France insoumise, sans avoir été adopté à l’époque.

Le sidérurgiste, qui emploie plusieurs milliers de personnes en France, traverse une période de restructuration profonde. Selon ses détracteurs, l’entreprise bénéficie de subventions publiques conséquentes tout en menant des réorganisations qui suscitent l’inquiétude parmi les salariés. Le site de l’Indre, notamment, est régulièrement cité comme exemple des fragilités du groupe.

Les arguments en faveur de la reprise en main publique

La proposition est soutenue par la CGT, qui milite pour une reprise en main de l’outil industriel. Nicolas Sansu, député GDR, estime que cette nationalisation relève d’une « question de souveraineté industrielle ». Il rappelle que l’État a déjà accordé 850 millions d’euros d’aides en 2024 pour la construction de deux fours électriques et d’une unité de réduction directe du minerai. Pour les partisans du texte, le versement de ces fonds publics justifie un contrôle accru de la puissance publique sur la stratégie du groupe.

Obstacles parlementaires et incertitudes

Le précédent examen du texte, en novembre 2025, s’était heurté à l’opposition du gouvernement et à des manœuvres d’obstruction de la part de l’extrême droite, selon les syndicats. Cette nouvelle tentative intervient dans un contexte de majorité relative à l’Assemblée, ce qui rend son issue incertaine. La nationalisation nécessiterait en outre une évaluation financière précise et un vote conforme au droit européen.

Enjeux industriels et sociaux

ArcelorMittal est présent sur plusieurs sites en France, notamment dans l’Indre, où des inquiétudes persistent quant à la pérennité des installations. La restructuration en cours prévoit la fermeture de certains équipements et la conversion vers des procédés moins gourmands en carbone, mais les syndicats dénoncent un manque de garanties pour l’emploi et les conditions de travail. Les partisans de la nationalisation y voient un moyen de sécuriser l’activité et de maintenir une production d’acier stratégique sur le territoire.

Si la proposition de loi était adoptée, elle marquerait un tournant dans la politique industrielle française, en donnant à l’État un rôle d’actionnaire majoritaire dans un secteur clé. Toutefois, le chemin parlementaire reste semé d’embûches, et aucun vote n’est attendu avant plusieurs semaines.