Une nouvelle campagne de fouilles aux sources de la Seine
Un chantier de fouilles archéologiques s'est ouvert dans les semaines qui viennent de s'écouler sur le site des sources de la Seine, en Bourgogne. L'objectif est de mettre au jour les vestiges du sanctuaire dédié à Sequana, la déesse gauloise et gallo-romaine des eaux, dont le nom est à l'origine de celui du fleuve. Le projet, piloté par des archéologues et des historiens, se déroule dans un périmètre situé à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Dijon, sur la commune de Source-Seine.
À la recherche du culte de Sequana
Sequana était vénérée par les peuples celtes comme une déesse guérisseuse, souvent représentée sous les traits d'une femme couronnée, debout sur une barque. Son sanctuaire, fréquenté de l'époque gauloise jusqu'à la fin de l'Antiquité romaine, attirait des pèlerins venus déposer des ex-voto en bois ou en métal pour demander la guérison. Les premières découvertes archéologiques notables sur ce site remontent au XIXe siècle, lorsque des statues et des offrandes furent exhumées. Depuis, plusieurs campagnes ont eu lieu, mais les archéologues estiment que la majeure partie du sanctuaire reste enfouie.
Des techniques modernes pour des vestiges anciens
Les fouilles actuelles mobilisent des méthodes de prospection non invasives, notamment des relevés par géoradar et des analyses par photogrammétrie. Ces outils doivent permettre de cartographier les structures enterrées sans les endommager. Les chercheurs espèrent identifier l'emplacement précis du temple principal, des bassins rituels et des bâtiments annexes qui composaient le complexe religieux. Les équipes sur le terrain sont composées d'archéologues de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) et de spécialistes de l'université de Bourgogne.
Un site majeur du patrimoine bourguignon
Le site des sources de la Seine est classé Monument historique et fait l'objet d'une protection renforcée. Selon les autorités locales, cette nouvelle campagne s'inscrit dans une volonté de mieux connaître et de valoriser un lieu qui constitue un jalon essentiel de l'histoire religieuse de la Gaule. Le département de la Côte-d'Or et la région Bourgogne-Franche-Comté soutiennent financièrement l'opération, à hauteur de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Les premières conclusions des fouilles sont attendues dans le courant de l'année prochaine, après l'analyse des données recueillies.
Un espoir de redécouverte
Pour les archéologues, l'enjeu dépasse la simple collecte d'objets. Il s'agit de comprendre l'organisation spatiale d'un lieu de culte qui a fonctionné pendant près d'un millénaire, du IIIe siècle avant notre ère au Ve siècle après Jésus-Christ. Les offrandes déjà retrouvées, comme les statuettes de bronze représentant des parties du corps humain (membres, organes), témoignent de pratiques thérapeutiques associées aux eaux. La résurgence de la source, qui jaillit au pied d'une falaise, était considérée comme une entrée vers le monde souterrain, propice aux rites de guérison. Les nouvelles fouilles pourraient permettre de retrouver des ex-voto inédits et de préciser la nature exacte des cérémonies qui s'y déroulaient.