Le gouvernement allemand a dévoilé un train de réformes destiné à endiguer la hausse des arrêts maladie, alors que les salariés du pays ont battu un nouveau record d'absentéisme. Selon une étude de l'Institut IGES, les travailleurs allemands ont pris en moyenne 19,5 jours de congé maladie par an, contre environ 13 jours en 2018. Cette progression inquiète les autorités, qui y voient un frein à la compétitivité nationale.

Le chancelier Friedrich Merz a présenté les principales dispositions de ce plan. À compter de janvier prochain, les certificats médicaux ne pourront plus être obtenus par téléphone. Chaque salarié devra se rendre chez un médecin en personne et dès le premier jour de son arrêt. Cette obligation vise à rendre le processus moins aisé et à limiter les absences injustifiées.

« Nous ne pouvons plus nous permettre ce désavantage concurrentiel causé par de longues absences du travail », a déclaré le chef du gouvernement. Il a justifié ce durcissement par la nécessité de rétablir ce qu'il appelle « l'équité et la fonctionnalité » du marché du travail. La mesure doit également permettre aux employeurs et aux caisses d'assurance maladie de réagir plus fermement face aux absences répétées.

Ces annonces s'inscrivent dans un ensemble plus vaste de coupes budgétaires et de réformes des programmes de santé et de sécurité sociale, approuvé par la coalition au pouvoir. Celle-ci réunit l'alliance conservatrice de Merz et les sociaux-démocrates.

Un système parmi les plus généreux au monde

L'Allemagne dispose d'un des dispositifs d'indemnisation les plus avantageux de la planète. Les salariés perçoivent l'intégralité de leur rémunération pendant leur arrêt maladie, ce qui explique en partie le niveau élevé des jours d'absence. Malgré ce record national, le pays ne se classe toutefois pas au premier rang européen en matière d'absentéisme, d'autres nations affichant des taux encore plus élevés.

La décision du gouvernement intervient dans un contexte de débat public sur la charge de travail et l'équilibre entre vie professionnelle et privée. Les syndicats et certaines associations de défense des salariés pourraient contester les nouvelles règles, estimant qu'elles pénalisent les travailleurs réellement malades. À ce stade, aucune réaction officielle n'a été rapportée de leur part.