L’exécutif a réservé un accueil favorable au plan de redressement des comptes publics présenté par le Medef, qui prévoit environ 100 milliards d’euros d’économies d’ici 2030. Le ministre de l’Économie a qualifié cette initiative de « positive » et a invité les acteurs économiques à faire part de leurs idées, déclarant « dites-nous ce dont vous rêvez ».
Le document transmis par l’organisation patronale repose sur plusieurs leviers. Il préconise notamment un relèvement de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans, une hausse de la TVA et une réduction des effectifs de la fonction publique. Ces mesures visent à ramener le déficit public français à un niveau compatible avec les règles budgétaires européennes.
Le ministre de l’Économie n’a pas repris à son compte l’intégralité des propositions, mais il a souligné que l’esprit du plan allait dans le bon sens. Il a estimé que la France devait se montrer ambitieuse pour restaurer ses marges de manœuvre financières, tout en laissant la porte ouverte à d’autres contributions.
Des pistes déjà débattues
Plusieurs des orientations avancées par le Medef figurent déjà dans le débat public. La question de l’âge de départ à la retraite a été régulièrement évoquée lors des rencontres économiques d’Aix-en-Provence, où il a été rappelé que l’âge légal français est inférieur à celui de nombreux voisins européens. Le thème de la TVA a également été abordé comme un instrument potentiel pour accroître les recettes sans alourdir les charges sur le travail.
Une réaction nuancée
Si le gouvernement a salué la démarche, il n’a pas officiellement adopté le chiffrage précis du Medef. Le ministre a insisté sur la nécessité d’un « travail collectif » et a indiqué attendre d’autres propositions, notamment de la part des partenaires sociaux. Cette position laisse entendre que l’exécutif entend conserver la maîtrise du calendrier et du contenu des futures réformes.
Le plan du Medef s’inscrit dans un contexte où la France doit convaincre Bruxelles de la crédibilité de sa trajectoire de retour à l’équilibre. L’accueil positif du ministre constitue un signal, mais de nombreuses étapes de concertation restent à franchir avant toute traduction législative.