Le patron d’AstraZeneca, Pascal Soriot, a averti que le groupe pharmaceutique pourrait renoncer à lancer ses futurs médicaments sur le marché européen si les gouvernements du continent n’accroissent pas leurs investissements dans les thérapies innovantes. Cette mise en garde intervient alors qu’un accord commercial récent avec les États-Unis a modifié les équilibres économiques du secteur.

Selon Sir Pascal Soriot, les pays européens doivent désormais consacrer davantage de ressources aux médicaments de pointe, sous peine de voir les laboratoires privilégier d’autres régions. L’accord américain, dont les détails n’ont pas été précisés, offrirait des conditions plus attractives aux entreprises pharmaceutiques, rendant le marché européen moins compétitif.

Une pression sur les systèmes de santé

Cette déclaration relance le débat sur le financement des innovations médicales en Europe. Les systèmes de santé publics, déjà sous tension budgétaire, sont confrontés à des demandes croissantes de la part des industriels pour obtenir des prix plus élevés. AstraZeneca, qui a développé l’un des vaccins contre la Covid-19, figure parmi les groupes qui réclament une révision des mécanismes de fixation des prix.

Le dirigeant a souligné que sans une augmentation des dépenses publiques, l’Europe risquait de devenir une zone secondaire pour l’accès aux traitements les plus récents. « Nous devons réévaluer nos priorités si nous voulons que les patients européens bénéficient des mêmes avancées que ceux d’autres régions », a-t-il déclaré.

Conséquences potentielles pour les patients

Si AstraZeneca mettait sa menace à exécution, cela pourrait priver des millions de patients de nouveaux médicaments contre le cancer, les maladies cardiovasculaires ou les affections rares. Le groupe dispose d’un portefeuille prometteur de candidats-médicaments en phase avancée de développement.

Les autorités sanitaires européennes n’ont pas encore réagi officiellement. Toutefois, cette prise de position risque d’accroître les tensions entre les gouvernements et l’industrie pharmaceutique, déjà vives autour des questions de brevet et d’accès équitable.