Ce samedi, une offensive de drones ukrainiens d'une ampleur inédite a visé Saint-Pétersbourg et la région de Léningrad, en marge de la clôture du forum économique annuel russe. Les autorités locales ont fait état de plus de 140 appareils abattus par la défense antiaérienne.
Le gouverneur de la région de Léningrad, Aleksandr Drozdenko, a qualifié cette attaque de « sans précédent ». Son homologue de Saint-Pétersbourg, Alexander Beglov, a appelé les habitants à rester chez eux, une première depuis le début du conflit en février 2022.
Des cibles militaires et logistiques visées
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a revendiqué l'opération sur les réseaux sociaux, indiquant que ses drones avaient parcouru 1 000 kilomètres pour atteindre la région de Saint-Pétersbourg. Il a précisé que les cibles étaient « les arsenaux de la marine ennemie et une base à Kronstadt ». Un dépôt pétrolier dans la région de Krasnodar, situé à 500 kilomètres, a également été touché, selon lui. Il a estimé qu'il s'agissait d'une « réponse juste » aux frappes russes.
Zelensky a déclaré qu'« il est temps de mettre fin à cette guerre », mais a accusé Vladimir Poutine de vouloir « continuer à se battre ». Cette attaque intervient au lendemain du discours du président russe au forum, où il a rejeté toute rencontre avec son homologue ukrainien. Ce dernier avait adressé une lettre ouverte jeudi proposant des négociations directes, estimant qu'il serait « faux d'attendre » que le conflit revienne sur le devant de la scène américaine.
Poutine persiste dans son refus de négocier
Vladimir Poutine a réitéré que les pourparlers de paix devaient précéder tout cessez-le-feu et que la guerre ne s'achèverait que lorsque les objectifs russes seraient atteints. La position de Moscou exige le retrait ukrainien des régions de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijjia, ainsi que l'abandon des aspirations à l'adhésion à l'OTAN.
Répercussions dans les territoires occupés
Dans la région occupée de Louhansk, les autorités prorusses ont suspendu les services de bus sur deux autoroutes et interdit les trains de banlieue ainsi que les déplacements de groupes d'enfants, invoquant une campagne de drones ukrainiens contre la logistique russe. Depuis le début du mois de mai, les frappes de drones ukrainiens ont endommagé plus de 200 poids lourds et plus de 30 citernes de carburant, selon des analystes militaires. Vladimir Poutine avait pourtant affirmé que la Russie contrôlait pleinement cette région.
Cette escalade souligne la capacité croissante de Kiev à frapper en profondeur sur le territoire russe, tandis que les appels diplomatiques restent sans réponse pour l'instant.