La direction du Théâtre de Nice a annoncé renoncer à une lecture publique d’un texte dramatique consacré à l’attentat du 14 juillet 2016, en raison de l’opposition ferme d’une association de victimes. L’établissement culturel niçois a fait savoir qu’il retirait cette proposition de sa programmation, après avoir été interpellé par des proches des personnes tuées ou blessées lors de cette attaque.
Une initiative retirée sous la pression des familles
L’œuvre en question, un texte de théâtre portant sur la tragédie qui a frappé la Promenade des Anglais, devait faire l’objet d’une lecture publique dans les murs du théâtre municipal. Mais l’association de victimes « Promenade des Anges » a exprimé son indignation, estimant que ce projet ravivait inutilement la douleur des familles et banalisait un événement qui a causé la mort de 86 personnes et fait des centaines de blessés.
La direction de l’établissement, confrontée à cette vive contestation, a pris la décision de ne pas maintenir l’événement. Dans un communiqué, les représentants du théâtre ont indiqué avoir entendu la détresse des victimes et avoir choisi de retirer cette initiative « par respect pour les familles et les survivants ». Aucune date de représentation alternative n’a été évoquée.
Un précédent dans le débat mémoriel niçois
Ce n’est pas la première fois qu’un projet culturel lié à l’attentat du 14-Juillet suscite une controverse à Nice. Depuis 2016, plusieurs initiatives artistiques – expositions, pièces, films – ont été critiquées par des associations de victimes qui jugent que certaines formes de représentation heurtent leur deuil ou manquent de pudeur. Le débat sur la manière de commémorer un tel drame reste vif, tiraillé entre le besoin de mémoire collective et le droit à la création.
Les responsables de l’association « Promenade des Anges » ont salué la décision du théâtre, qu’ils considèrent comme un geste d’apaisement. Ils rappellent que pour de nombreuses familles, le seul cadre acceptable pour évoquer les faits reste celui des cérémonies officielles et du recueillement. De leur côté, certains milieux artistiques regrettent que la controverse empêche toute exploration théâtrale de cette page d’histoire contemporaine.
Un retrait qui relance le questionnement sur la liberté de création
Cette annulation relance, à l’échelle locale, la réflexion sur les limites de la liberté artistique face à la sensibilité des victimes. Si le théâtre a justifié son choix par l’écoute des familles, aucune censure extérieure n’a été imposée : la décision émane de la direction elle-même, après examen des réactions. Le texte litigieux, dont l’auteur n’a pas été identifié publiquement, ne sera donc pas présenté au public niçois dans ce cadre.
Pour l’instant, la programmation du Théâtre de Nice se poursuit sans ce volet. L’établissement n’a pas communiqué sur un éventuel remplacement de cette lecture. Les associations de victimes, quant à elles, appellent à la poursuite du dialogue avec les institutions culturelles pour éviter à l’avenir de tels heurts.