Une mise en garde solennelle contre le Rassemblement national

Sophie Binet a donné le ton du 54e congrès de la CGT, qui se tient jusqu’à la fin de la semaine à Tours, en plaçant d’emblée la lutte contre l’extrême droite au cœur de son discours d’ouverture. Devant environ un millier de délégués, la secrétaire générale a estimé que jamais depuis 1945 l’extrême droite n’avait exercé le pouvoir dans autant de pays, avant de cibler directement le Rassemblement national.

« Les masques tombent ; la vraie idylle cachée de Jordan Bardella, ce n’est pas la princesse des Deux-Siciles mais le patronat », a-t-elle lancé, dénonçant le traitement du RN comme un parti ordinaire par le Medef. Selon elle, l’extrême droite constitue « la pire ennemie du monde du travail ».

« L’appel de Tours » pour la retraite à 60 ans

Au-delà de la charge politique, Sophie Binet a également formulé une exigence sociale claire. Elle a proclamé « l’appel de Tours », par lequel la CGT conditionne son soutien à tout candidat à l’élection présidentielle à un engagement ferme : abroger la réforme des retraites de 2023 dès son arrivée à l’Élysée.

« Aucun candidat n’aura les voix de la CGT et des travailleurs sans s’engager à abroger la réforme de 2023 sitôt arrivé à l’Élysée », a-t-elle affirmé, sous les applaudissements de l’assemblée. Cette prise de position vise à peser sur la campagne présidentielle qui s’annonce, en liant la question de l’âge légal de départ à la lutte contre l’extrême droite.

Un format de discours inédit

La secrétaire générale avait prévu un discours d’une heure et demie, ponctué de sollicitations régulières de l’auditoire, une méthode jugée ambitieuse par les congressistes. Si le format a parfois créé un sentiment de flottement dans la salle, il n’a pas suscité l’accueil glacial réservé trois ans plus tôt à Marie Buisson, alors candidate soutenue par l’ancien secrétaire général Philippe Martinez et que Sophie Binet avait finalement emporté de justesse.

Un congrès pour relancer la centrale syndicale

Ce 54e congrès intervient dans un contexte où la CGT cherche à renforcer son influence et à peser sur les débats sociaux et politiques. L’offensive contre l’extrême droite et la revendication du retour à la retraite à 60 ans constituent les deux axes principaux que la direction entend imposer, tant au sein du syndicat que dans l’espace public. Les débats qui se poursuivront jusqu’à vendredi devraient permettre de préciser la stratégie de la centrale pour les mois à venir, alors que la prochaine élection présidentielle se profile.