Au Japon, une pétition en ligne a déjà recueilli près de 20 000 signatures pour protester contre l’emploi des mangas par Donald Trump sur ses réseaux sociaux. Les initiateurs de cette démarche reprochent au président américain de s’approprier sans autorisation l’univers des bandes dessinées nippones, symbole culturel du pays.

Le 9 juin 2025, une vidéo mise en ligne sur Truth Social montrait Donald Trump sous les traits du célèbre personnage de Naruto Uzumaki, issu de la série « Naruto ». Cette publication fait suite à d’autres utilisations contestées, notamment un montage diffusé en mars 2025 par la Maison-Blanche, qui associait des images de bombardements en Iran à des extraits de films et de séries, dont le dessin animé « Yu-Gi-Oh! ».

Une mobilisation citoyenne

La pétition, hébergée sur une plateforme de signatures électroniques, rassemble des citoyens japonais et des amateurs de mangas du monde entier. Le texte dénonce « l’exploitation politique » de ces œuvres sans le consentement de leurs créateurs. Les signataires estiment que ces détournements nuisent à l’image des mangas, perçus comme un art populaire et respecté au Japon.

« Naruto et Yu-Gi-Oh! ne sont pas des outils de propagande », écrit un des porte-parole de la pétition, citant des fans qui souhaitent protéger l’intégrité culturelle des mangas. Aucune réaction officielle de la part de la Maison-Blanche ou de l’entourage de Donald Trump n’a été rapportée pour le moment.

Des précédents controversés

L’usage d’images de mangas par des figures politiques américaines n’est pas nouveau. En 2020, lors de sa campagne électorale, Donald Trump avait déjà partagé des visuels inspirés de l’univers des animes, provoquant des réactions mitigées. Cependant, la pétition actuelle marque un tournant dans la mobilisation des fans japonais, qui se disent lassés de voir leur patrimoine culturel utilisé sans respect.

Les éditeurs de mangas, comme Shueisha ou Shogakukan, n’ont pas encore commenté publiquement cette affaire. Mais des experts en droit d’auteur interrogés par des médias locaux soulignent que l’utilisation non autorisée d’images protégées pourrait enfreindre les lois japonaises sur la propriété intellectuelle.

Un symbole fort pour la culture japonaise

Le Japon considère les mangas comme un vecteur diplomatique important. Le gouvernement nippon a soutenu leur promotion à l’international via des programmes culturels. Ce détournement par Donald Trump est donc perçu comme une appropriation maladroite, voire irrespectueuse, des codes artistiques nippons.

L’affaire intervient alors que les relations entre Tokyo et Washington demeurent focalisées sur des enjeux sécuritaires et économiques. Pour l’instant, aucun responsable japonais n’a officiellement réagi, mais la pétition continue de recueillir des signatures chaque jour, portée par des hashtags comme #SaveManga ou #TrumpStopManga.

Quelle suite possible ?

Si la pétition atteint un seuil symbolique plus élevé, elle pourrait être adressée à l’ambassade des États-Unis à Tokyo ou directement à la Maison-Blanche. Les signataires espèrent obtenir une déclaration publique de désaveu de la part de l’administration Trump.

En attendant, les fans de mangas redoublent de vigilance sur les réseaux sociaux, signalant tout nouveau contenu qu’ils jugent inapproprié. La vidéo incriminée reste accessible sur Truth Social, mais des appels à son retrait se multiplient.

Cette mobilisation illustre la sensibilité croissante autour de l’usage politique des icônes pop culturelles, dans un contexte où les frontières entre divertissement et communication politique s’estompent.