Le collectif des Morts de la rue a rendu public, ce lundi 2 juin, un décompte provisoire faisant état d'au moins 929 décès de personnes « sans chez-soi » survenus en France au cours de l'année 2025. Ce chiffre, qui pourrait encore évoluer, marque une augmentation par rapport à l'année précédente, où 912 morts avaient été recensées.

Dans un communiqué, l'organisation alerte sur une tendance « qui continue d'augmenter années après années ». Elle souligne que derrière ces statistiques se trouvent des vies marquées par la précarité et l'exclusion, et appelle les pouvoirs publics à une prise de conscience plus large.

Des données encore incomplètes

Ce bilan provisoire est établi à partir de remontées d'information issues de différents réseaux associatifs et de signalements citoyens. Le collectif précise que le nombre réel de décès est probablement plus élevé, de nombreuses morts de personnes sans domicile fixe n'étant pas recensées comme telles. L'absence de statistiques officielles exhaustive sur le sujet est régulièrement dénoncée par les associations.

Les causes de ces décès sont variées : maladies liées aux conditions de vie dans la rue, hypothermie en période hivernale, accidents, violences, ou encore manque d'accès aux soins. Le collectif insiste sur le caractère évitable de nombreuses morts si les politiques de logement et de soutien social étaient renforcées.

Un hommage prévu à Paris

Pour marquer la mémoire de ces disparus, une cérémonie d'hommage doit se tenir ce mardi 3 juin à Paris. Organisée par le collectif avec le soutien de plusieurs associations de solidarité, cette journée de recueillement vise à « rendre visibles ceux que la société ne voit plus », selon les organisateurs. Des lectures de noms et des dépôts de fleurs sont programmés dans plusieurs lieux de la capitale.

Cette initiative s'inscrit dans le cadre des actions régulières du collectif pour interpeller les pouvoirs publics et sensibiliser l'opinion à la grande précarité. Les participants espèrent que ce rassemblement contribuera à maintenir la pression sur le gouvernement en matière de droit au logement et d'accompagnement social.

Un phénomène structurel

La hausse continue du nombre de morts de la rue, année après année, interroge sur l'efficacité des politiques menées. Les associations pointent du doigt un manque chronique de places d'hébergement d'urgence, des difficultés d'accès aux soins pour les plus démunis, et une insuffisance de moyens alloués à la prévention.

Alors que le gouvernement a récemment annoncé des mesures pour lutter contre le sans-abrisme, les organisations de terrain estiment que les moyens déployés restent à la hauteur du défi. Le collectif des Morts de la rue appelle à une « mobilisation générale » et à un changement de paradigme, où la dignité des personnes sans abri serait placée au cœur des politiques publiques.

Ce nouveau décompte provisoire, bien que partiel, confirme la persistance d'une crise humanitaire silencieuse dans les rues de France. Alors que le pays s'apprête à rendre hommage à ces 929 vies perdues, la question de la prévention et de l'action reste plus que jamais d'actualité.