Le Parti communiste français (PCF) tient à Lille, du 3 au 5 juillet, son 40e congrès. Fabien Roussel, secrétaire national sortant, devrait y être réélu sans opposition déclarée. Il a profité de son discours d’ouverture pour placer la présidentielle de 2027 au cœur des débats, appelant les communistes à faire bloc derrière sa candidature.

« L’enjeu, c’est d’en faire un présidentiable », résume un responsable communiste, en écho à l’ambition affichée par Roussel. Ce dernier, qui avait déjà été candidat en 2022 (avec 2,3 % des voix), entend cette fois incarner une alternative crédible à gauche. Dans son allocution, il a insisté sur la nécessité d’une candidature communiste autonome, distincte de celle de Jean‑Luc Mélenchon, dont la dynamique électorale préoccupe une partie de l’appareil.

Un congrès verrouillé, mais des interrogations persistantes

Si aucune candidature concurrente ne s’est présentée pour le diriger, le congrès n’en est pas moins traversé par des tensions. Plusieurs fédérations et courants internes, notamment ceux proches de l’ancienne direction, s’interrogent sur l’opportunité de maintenir la candidature Roussel jusqu’au bout, alors que la gauche peine à exister dans les sondages et que Jean‑Luc Mélenchon apparaît comme le principal candidat de la gauche radicale.

Selon des participants, une proposition circule : instaurer une « clause de revoyure » à l’automne, qui permettrait de réévaluer la stratégie présidentielle en fonction des rapports de force. Les opposants à Roussel estiment que le maintien d’une candidature communiste pourrait nuire à une union de la gauche, en divisant les voix. Roussel et ses soutiens y voient au contraire un moyen de redonner une visibilité au PCF et de peser dans le débat national.

Un discours d’unité et de combat

Devant les délégués réunis au parc des expositions de Lille, Fabien Roussel a appelé à « ne pas avoir peur » et à « incarner une gauche de combat, proche du peuple ». Il a défendu un programme centré sur le partage des richesses, la transition écologique et le refus de l’austérité, tout en taclant l’exécutif en place. Le secrétaire national sortant a également plaidé pour une « refondation » du parti, après des années de déclin électoral et militant.

La question de la présidentielle reste toutefois le point d’orgue du congrès. Plusieurs orateurs ont salué la « clarté » et le « courage » de Roussel, mais d’autres ont exprimé des craintes sur l’isolement potentiel d’une candidature purement communiste, sans alliance avec les autres forces de gauche – en particulier avec La France insoumise et le Parti socialiste.

« Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration », a-t-il lancé, alors que des tracts appelant à « une candidature commune de toute la gauche » circulaient dans les couloirs du congrès. La direction du PCF semble déterminée à maintenir le cap, mais les débats sur la ligne politique devraient se poursuivre jusqu’au vote final, dimanche.

À l’issue du congrès, un nouveau Conseil national et un nouveau secrétariat seront élus. Fabien Roussel devrait en sortir renforcé, mais le chemin vers l’Élysée s’annonce semé d’embûches, entre recomposition de la gauche et quête d’une crédibilité présidentielle que le PCF n’a plus connue depuis des décennies.