Le procès de Jeffrey Donaldson, ancien dirigeant du Parti unioniste démocrate (DUP) et député, a connu une avancée décisive cette semaine avec la diffusion d’enregistrements d’entretiens policiers menés auprès de la présumée victime. Ces auditions, présentées devant la Crown Court de Newry, en Irlande du Nord, dévoilent des récits précis d’abus sexuels que l’ancien homme politique aurait infligés à une enfant.

Récit d’un viol présumé

Lors d’un interrogatoire diffusé mardi 2 juin, la plaignante – désignée sous le pseudonyme de « témoin B » – a déclaré avoir fait semblant de dormir au moment où elle aurait été violée. Elle a expliqué aux enquêteurs qu’elle feignait l’inconscience pour tenter d’échapper mentalement à l’agression. Cette déposition vient étayer des faits que le ministère public qualifie de « particulièrement graves », commis plusieurs années auparavant.

Cauchemars et sentiment de souillure

Un autre enregistrement, diffusé une semaine plus tôt le 28 mai, avait déjà livré des témoignages poignants. La même plaignante y confiait aux policiers être hantée par des cauchemars dans lesquels « des hommes font des choses horribles à des enfants ». Elle ajoutait s’être sentie « sale pendant longtemps » après les faits allégués, un sentiment qui a perduré selon elle durant des années. Ces éléments psychologiques, rapportés à la barre, visent à démontrer l’impact durable des supposées violences.

Un procès sous haute surveillance

Jeffrey Donaldson, qui a occupé la tête du DUP de 2021 à 2024 avant d’être inculpé, fait face à plusieurs chefs d’accusation pour des infractions sexuelles historiques. Il a toujours nié les faits. Le tribunal a déjà entendu les arguments de l’accusation, qui s’appuie sur des témoignages concordants et des éléments matériels. La défense conteste la fiabilité des souvenirs de la plaignante et souligne l’écart temporel entre les faits présumés et leur dénonciation.

Développements à venir

Le procès, qui se déroule devant un jury, devrait se poursuivre pendant plusieurs semaines. D’autres témoins sont appelés à déposer, et les expertises médico-légales seront examinées. L’affaire suscite une immense attention médiatique en Irlande du Nord et au Royaume-Uni, en raison de la stature politique de l’accusé. La décision du tribunal est attendue avec une vigilance particulière par les associations de défense des droits des victimes, qui suivent l’évolution du dossier.

Le parquet a rappelé que la présomption d’innocence s’applique jusqu’à un éventuel verdict de culpabilité. Les débats doivent encore déterminer si les preuves présentées convainquent les jurés au-delà de tout doute raisonnable.