Le nouveau président du musée du Louvre, Christophe Leribault, a livré mercredi un diagnostic sévère de l'état du plus grand musée du monde, devant une commission du Sénat. « On peut le dire sans ambages : malgré son imposante majesté, malgré l'engagement quotidien de ses équipes, c'est un Louvre à bout de souffle », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés. Il a souligné que « ses équipements, ses infrastructures arrivent en fin de cycle », pointant une situation financière et technique tendue.
Le vol d'octobre, révélateur de failles profondes Le cambriolage survenu le 19 octobre, au cours duquel des joyaux de la Couronne ont été dérobés, a agi comme un révélateur des fragilités du musée. Cet événement a mis en lumière les lacunes en matière de sécurité et les retards accumulés dans la modernisation des installations. « Nous sommes donc à la croisée des chemins, les urgences bâtimentaires s'accumulent et nous faisons face à un mur d'investissements ce qui évidemment n'est pas ce qu'on a envie d'entendre », a poursuivi Christophe Leribault.
Des besoins colossaux et un projet de rénovation à plus d'un milliard d'euros Face à cette situation, le président du Louvre a réaffirmé la « nécessité absolue » de mener à bien le vaste programme de rénovation intitulé « Louvre Nouvelle renaissance », dont le coût est estimé à plus d'un milliard d'euros. Pour illustrer l'ampleur des défis quotidiens, il a indiqué que plus de 10 000 vases grecs devront être déplacés afin de permettre la réfection complète de l'une des ailes du musée.
Renforcement de la sécurité et nomination d'un coordinateur Pour ce qui est de la sécurisation du site, Christophe Leribault a affirmé « prendre à bras le corps les urgences qui s'imposent ». Il a annoncé la mise en place, à partir de janvier 2027, d'un nouveau système de surveillance vidéo périmétrique. Des caméras supplémentaires ont été installées en urgence dans des « endroits absolument névralgiques dont on avait constaté la déficience », a-t-il précisé, tout en reconnaissant qu'il n'est pas possible de recréer un réseau complet de centaines de caméras sans renforcer l'armature technique. Un nouveau poste de commandement de la sécurité sera créé en octobre. Enfin, le poste de coordinateur sécurité, promis après le vol, a été confié à Olivier Goupil, ancien commissaire divisionnaire et précédemment responsable de la sécurité à la RATP. Christophe Leribault a également confié que « la meurtrissure du vol et le traumatisme des mois qui ont suivi sont toujours très vifs » au sein de l'établissement.