Médecins sans frontières (MSF) a officialisé le renvoi de 18 employés travaillant dans l'est du Tchad, accusés d'agressions sexuelles sur des réfugiées soudanaises. La décision, annoncée ce lundi, fait suite à une enquête interne déclenchée après des signalements de victimes.
Des faits survenus dans des camps de réfugiés
Les accusations concernent des personnels nationaux et internationaux de MSF affectés dans des camps accueillant des Soudanais ayant fui la guerre civile. L'organisation a précisé que les agressions présumées ont eu lieu sur plusieurs sites d'intervention humanitaire. Les victimes sont des femmes et des filles réfugiées, déjà marquées par un conflit où, selon des témoignages, la violence sexuelle est utilisée comme arme de guerre par certaines milices.
Procédure et mesures prises
L'enquête, menée en interne, a abouti à des licenciements immédiats. MSF a également affirmé avoir renforcé ses mécanismes de contrôle et de prévention sur le terrain. L'organisation a déclaré prendre « très au sérieux » ces accusations et a assuré que les victimes avaient reçu un accompagnement psychosocial. Aucune information n'a été communiquée sur un éventuel dépôt de plainte auprès des autorités tchadiennes.
Contexte de vulnérabilité extrême
Depuis le début de la guerre au Soudan en 2023, des centaines de milliers de civils ont traversé la frontière vers l'est du Tchad. Cette région abrite aujourd'hui une dizaine de camps surpeuplés, où les conditions de vie sont précaires. Plusieurs organisations humanitaires ont déjà documenté une recrudescence des violences basées sur le genre dans ces camps, où les femmes sont exposées à des risques accrus.
Réactions en demi-teinte
Si des acteurs de la société civile saluent la réactivité de MSF, certains jugent cette mesure insuffisante. Des voix appellent à davantage de transparence sur les procédures et à des actions judiciaires publiques contre les auteurs présumés. De son côté, MSF dit poursuivre ses activités tout en renforçant ses dispositifs de signalement et de protection des bénéficiaires.
Un précédent dans le secteur humanitaire
Ce cas rappelle que les agressions sexuelles commises par des employés d'organisations d'aide sont un phénomène récurrent. Plusieurs ONG ont été épinglées ces dernières années pour des manquements similaires, suscitant des appels à des réformes structurelles dans la gouvernance humanitaire. MSF, qui affirme appliquer une « tolérance zéro », se voit ici confrontée à une épreuve de crédibilité.