Le 29 mai, à l’issue d’un procès de quatre jours devant un tribunal de Waco, au Texas, un jury populaire a reconnu Anthony Odiong, un prêtre catholique, coupable de plusieurs chefs d’agressions sexuelles. Le verdict porte sur des faits qualifiés de premier et second degrés, commis sur des femmes majeures, selon des documents judiciaires consultés.

La première femme à avoir porté publiquement des accusations contre ce religieux, désignée sous le pseudonyme d’Hadassah Doe dans la procédure, a réagi le lendemain de la condamnation. Dans une déclaration, elle a affirmé sa reconnaissance envers les jurés pour « avoir écouté les preuves et vu la vérité ». Elle a ajouté : « Je ne peux qu’espérer qu’il soit empêché de continuer à utiliser la foi comme son filet, son piège et un outil pour manipuler ses victimes actuelles et futures. »

Le prêtre a été jugé pour des actes commis à l’encontre de deux plaignantes, désignées dans les débats par les pseudonymes Mary Doe et Jane Doe. L’accusatrice avait auparavant attiré l’attention sur le rôle de responsables de l’Église, notamment en Louisiane, où Odiong exerçait son ministère le plus récemment. Selon elle, ces responsables « auraient pu empêcher beaucoup de souffrances » s’ils étaient intervenus lorsqu’elle les avait informés des abus.

Un silence ecclésiastique pointé du doigt

Le procès a mis en lumière les lacunes des mécanismes internes de l’Église catholique face aux signalements de violences sexuelles. Les témoignages évoqués pendant l’audience ont révélé que des religieux informés des agissements d’Odiong n’avaient pas pris de mesures suffisantes pour protéger les fidèles. Ces révélations interviennent dans le contexte plus large de la crise des abus au sein de l’institution aux États-Unis, et plus particulièrement dans l’archidiocèse de la Nouvelle-Orléans.

Hadassah Doe a insisté sur la dimension systémique de cette affaire. Dans sa déclaration, elle a souligné que « l’Église a failli à sa mission de protection », comparant l’attitude des responsables à une forme de complicité. Elle a appelé les institutions religieuses à adopter des réformes transparentes pour éviter que d’autres ne subissent le même sort.

Un verdict aux implications juridiques et morales

La condamnation d’Anthony Odiong constitue une étape rare dans les poursuites pour violences sexuelles impliquant un ecclésiastique au Texas. Le procureur chargé de l’affaire a salué le courage des victimes qui ont témoigné, rappelant que sans leur parole, ces faits seraient restés impunis. Le prêtre, qui exerçait auparavant dans plusieurs paroisses de la région, encourt une peine de prison ferme, le tribunal devant se prononcer sur la sentence dans les semaines à venir.

Pour les associations de soutien aux victimes, ce verdict envoie un signal fort : il montre que même un représentant de l’Église peut être jugé et condamné par la justice civile lorsque les preuves sont établies. Plusieurs avocats spécialisés dans les affaires d’abus ont estimé que cette décision pourrait encourager d’autres plaignants à sortir du silence.

Un combat qui continue

Hadassah Doe a conclu sa déclaration en exprimant sa détermination à poursuivre son engagement pour que « justice soit rendue à toutes les victimes ». Elle n’a pas exclu de nouvelles actions en justice contre les responsables religieux qui, selon elle, ont couvert ou minimisé les faits. Son avocat a indiqué que sa cliente souhaitait désormais que le nom d’Anthony Odiong soit inscrit dans les registres publics des délinquants sexuels.

L’affaire Odiong s’inscrit dans une série de procès récents aux États-Unis visant des prêtres accusés d’agressions sexuelles. La fin du procès à Waco ne marque toutefois pas la fin des investigations : plusieurs autres plaintes pourraient encore être déposées, selon des sources proches du dossier.