Invité à s’exprimer sur l’essor de l’intelligence artificielle dans l’industrie cinématographique, Steven Spielberg a tracé une ligne claire : l’IA peut servir d’assistant, mais ne doit en aucun cas se substituer à l’imagination humaine. Le cinéaste, qui prépare la sortie de son prochain long-métrage « Disclosure Day » attendu le 10 juin en France, a accordé un entretien au podcast IMO animé par Michelle Obama et Craig Robinson, au cours duquel il a livré une mise en garde sans ambiguïté.

Un outil, pas un créateur

Le réalisateur aux trois Oscars se montre enthousiaste quant aux possibilités offertes par l’IA dans des domaines comme la recherche médicale, où elle pourrait, selon lui, contribuer à trouver des solutions à des problèmes de santé. Mais il se dit beaucoup plus réservé dès lors qu’il s’agit d’appliquer cette technologie à la création artistique. « Je ne crois pas qu’il existe un substitut à l’âme », a-t-il déclaré, ajoutant qu’aucun algorithme ne peut inventer l’âme humaine. Pour lui, Hollywood ne devrait jamais « se fier à l’IA pour trancher en matière de création ».

Une position nuancée mais ferme

Steven Spielberg ne rejette pas pour autant tout usage de l’intelligence artificielle. Il reconnaît son intérêt comme outil technique au service des réalisateurs et des équipes de production. La limite qu’il fixe est celle de la décision créative : la machine peut assister, mais pas décider. « C’est ma limite », a-t-il résumé, insistant sur le fait que la technologie ne doit pas empiéter sur ce qui relève de l’intuition et de la sensibilité humaine.

Un débat qui agite Hollywood

Les propos du réalisateur interviennent dans un contexte où l’IA générative suscite à la fois fascination et inquiétude dans l’industrie du divertissement. Plusieurs studios expérimentent déjà des outils d’intelligence artificielle pour l’écriture de scénarios, la conception de décors ou encore la création d’effets visuels, ce qui alimente les craintes de nombreux artistes et techniciens quant à une possible standardisation de la création. En prenant position, Steven Spielberg rejoint les voix de ceux qui appellent à encadrer l’usage de l’IA pour protéger la part d’humanité indispensable à l’art.

Un retour très attendu

Alors que « Disclosure Day » s’apprête à sortir en salles, les déclarations du cinéaste rappellent son attachement à une vision artisanale et humaine du cinéma, même à l’ère du numérique. Le film, dont la promotion bat son plein, sera l’occasion de voir comment l’un des plus grands noms du septième art aborde son propre rapport à la technologie, lui qui a toujours su innover sans jamais perdre de vue la dimension émotionnelle de ses œuvres.