Une nouvelle controverse secoue l’audiovisuel public. Delphine Ernotte, présidente-directrice générale de France Télévisions, est accusée d’avoir menti devant la commission d’enquête parlementaire sur l’attribution des fréquences télévisuelles. Le député Charles Alloncle, qui a formulé cette accusation, évoque un possible parjure. En réponse, la direction du groupe a catégoriquement démenti, qualifiant la mise en cause de « fumisterie ».

Des déclarations sous serment contestées

Selon Charles Alloncle, la dirigeante aurait livré des informations inexactes lors de son audition par la commission d’enquête, alors qu’elle était tenue de dire la vérité. Le parlementaire considère que ces propos constitueraient un manquement grave, voire un délit de parjure. Il n’a pas précisé quels éléments précis de son témoignage seraient, selon lui, mensongers.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions récurrentes autour de la gouvernance de l’audiovisuel public et des conditions d’attribution des fréquences, un sujet sensible pour les acteurs du secteur.

La riposte de France Télévisions

Contactée, la direction de France Télévisions a immédiatement réagi en dénonçant une accusation infondée. Dans un communiqué, le groupe rejette avec vigueur toute idée de tromperie. Un porte-parole a estimé que ces allégations relevaient d’une « fumisterie », sans ambiguïté. France Télévisions affirme que les propos tenus par Delphine Ernotte devant la commission étaient conformes à la réalité des faits et que l’entreprise se tient prête à apporter toutes les preuves nécessaires pour rétablir les faits.

Un précédent judiciaire

Cette accusation n’est pas la première du genre visant un dirigeant de l’audiovisuel public. En 2022, un ancien président du groupe avait lui aussi été mis en cause pour des déclarations jugées trompeuses lors d’une audition parlementaire, dans une affaire distincte. Ce précédent avait donné lieu à des procédures judiciaires, ce qui pourrait donner un écho particulier à la plainte potentielle de Charles Alloncle.

Quelles suites possibles ?

Pour l’heure, le député n’a pas indiqué s’il saisirait la justice. Il dispose de la faculté de déposer une plainte pour parjure, un délit qui peut être puni de plusieurs années d’emprisonnement. De son côté, France Télévisions assure qu’elle défendra l’honneur de sa présidente si une action en justice était engagée, en produisant l’intégralité du verbatim de l’audition.

L’affaire risque de relancer le débat sur la nécessité de renforcer les obligations de sincérité des dirigeants d’entreprises publiques devant les commissions d’enquête parlementaires. Plusieurs voix se sont élevées pour réclamer une plus grande transparence dans les relations entre l’État, le régulateur et les médias publics.