L'accord de défense Aukus, qui lie l'Australie aux États-Unis et au Royaume-Uni, a été modifié pour la seconde fois. Désormais, Canberra n'acquerra que des sous-marins nucléaires d'occasion auprès de Washington, abandonnant tout espoir de recevoir des navires neufs dans le cadre de ce volet du partenariat.
Une commande revue à trois unités d'occasion
Initialement, l'Australie espérait obtenir une douzaine de sous-marins à propulsion nucléaire, pour un montant estimé à 90 milliards de dollars australiens. Puis, en 2023, le plan avait été réduit à l'achat de cinq sous-marins de classe Virginia, dont deux d'occasion et trois neufs. Aujourd'hui, les trois partenaires ont annoncé que seule l'acquisition de trois sous-marins d'occasion serait effective.
Cette décision a été officialisée à l'occasion du Dialogue de Shangri-La, forum de sécurité qui se tient à Singapour. Les ministres de la Défense australien Richard Marles, américain Pete Hegseth et britannique John Healey ont cosigné un communiqué commun approuvant cette nouvelle orientation.
Simplification et économies invoquées
Le vice-Premier ministre et ministre de la Défense australien Richard Marles a justifié ce choix par la nécessité de privilégier la simplicité dans un projet d'une grande complexité technique et logistique. Recevoir trois sous-marins du même modèle — tous des Virginia-class — facilitera la formation des équipages, la maintenance et la gestion des chaînes d'approvisionnement, a-t-il expliqué. Il a également souligné que cette option était plus rentable financièrement, dans un programme dont le coût total pourrait atteindre 235 milliards de dollars australiens sur trente ans.
Des capacités de production américaines sous tension
Si les officiels mettent en avant des motifs d'efficacité et de réduction des coûts, des contraintes industrielles lourdes pèsent sur cette révision. Les chantiers navals américains peinent à produire les deux sous-marins par an prévus pour renouveler leur propre flotte, qui compte 24 Virginia en service. Cette situation suscite des critiques aux États-Unis : certains s'interrogent sur la pertinence de céder des bâtiments à propulsion nucléaire à un allié alors que l'US Navy doit elle-même reconstituer ses stocks.
Un contexte géopolitique inchangé
Malgré ces restrictions, les trois pays affirment leur volonté de contrer l'influence chinoise dans la région Indo-Pacifique. Pete Hegseth a déclaré que l'ampleur du renforcement militaire chinois justifiait une vigilance accrue, tout en précisant que Washington ne souhaitait pas une confrontation directe, mais plutôt un équilibre stable bénéfique à ses alliés et à lui-même.
Pour sauver les apparences, les partenaires d'Aukus ont également annoncé le développement conjoint de drones sous-marins avancés et un renforcement de leur coopération maritime. Ces mesures visent à maintenir une pression stratégique sur Pékin, dont la montée en puissance militaire est perçue comme une menace pour les intérêts économiques et sécuritaires occidentaux dans le Pacifique.