Trois résidents du Mississippi ont engagé une action en justice au nom d’un groupe dont le nombre de membres est estimé à plus de 10 000 personnes. Les plaignants réclament des dommages et intérêts auprès de xAI et de SpaceX, deux entreprises appartenant à Elon Musk, en raison des nuisances sonores générées par un centre de données et par la centrale électrique attenante.
La plainte, déposée devant une juridiction locale, décrit le bruit comme « omniprésent et inévitable ». Les riverains affirment que les infrastructures fonctionnent en continu, produisant un vacarme constant qui perturbe leur quotidien et leur sommeil. Ils estiment que cette situation constitue une nuisance privée et publique, et que les sociétés mises en cause n’ont pas pris les mesures nécessaires pour atténuer les effets sonores.
Un site stratégique pour l’intelligence artificielle
Le centre de données en question est exploité par xAI, la branche d’Elon Musk dédiée à l’intelligence artificielle. Il est situé dans le comté de DeSoto, dans le nord du Mississippi, non loin de Memphis (Tennessee). Sa centrale électrique, qui lui fournit l’énergie nécessaire, est également pointée du doigt dans la procédure. Selon les documents judiciaires, les installations fonctionnent vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, sans interruption significative.
Les plaignants soutiennent que le niveau sonore dépasse les seuils autorisés par les réglementations locales et qu’il a un impact direct sur leur qualité de vie. Ils mentionnent des troubles du sommeil, une augmentation du stress et une dépréciation de la valeur de leurs propriétés. L’action collective vise à obtenir une compensation financière ainsi qu’une injonction obligeant les entreprises à réduire les nuisances.
Un précédent juridique pour les infrastructures tech
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre les communautés locales et les géants de la technologie concernant l’implantation de grandes infrastructures. Les centres de données, dont le nombre s’accroît rapidement pour répondre aux besoins de l’intelligence artificielle et du cloud computing, sont souvent critiqués pour leur consommation énergétique et les nuisances environnementales qu’ils engendrent.
xAI et SpaceX n’ont pas encore répondu publiquement aux allégations. Les avocats des plaignants ont indiqué qu’ils attendent une décision judiciaire sur le statut de l’action collective avant de poursuivre la procédure. Le tribunal devrait se prononcer dans les mois à venir sur la recevabilité de la plainte.
Des voisins excédés
Les trois résidents à l’origine de la plainte vivent à proximité immédiate du complexe. Ils témoignent d’un bruit de fond continu, décrit comme un grondement sourd mêlé à des sifflements aigus, qui ne cesse jamais. L’un d’eux a déclaré que le phénomène est comparable à celui d’un moteur d’avion tournant en permanence. Un autre a confié que les nuits sont particulièrement difficiles, le silence relatif de la nuit rendant le bruit encore plus perceptible.
La centrale électrique installée sur place alimente exclusivement le centre de données. Elle fonctionne au gaz naturel, ce qui, selon les plaignants, ajoute une pollution atmosphérique aux nuisances sonores. Aucune étude d’impact indépendante n’a été rendue publique, mais les habitants affirment avoir mesuré des niveaux sonores anormalement élevés à l’aide d’applications spécialisées.
Vers une médiation ou un procès ?
Les experts juridiques consultés estiment que la procédure pourrait déboucher sur une médiation, les entreprises cherchant souvent à éviter un procès long et médiatisé. Toutefois, si l’action collective est certifiée, le nombre de plaignants potentiels (plus de 10 000) donnerait aux résidents un poids considérable dans les négociations.
L’issue de cette affaire pourrait créer un précédent pour d’autres communautés affectées par l’expansion rapide des centres de données à travers les États-Unis. Plusieurs groupes citoyens ont déjà exprimé leur inquiétude face à la multiplication de ces installations dans des zones résidentielles ou semi-rurales.