Une juge fédérale a prononcé une interdiction définitive de l’utilisation de l’inhalation d’azote gazeux comme méthode d’exécution en Alabama. Dans une décision rendue publique le 10 juin 2026, la magistrate a jugé que ce procédé pénitentiaire enfreint l’interdiction constitutionnelle des peines cruelles et inhabituelles, telle que formulée dans le huitième amendement de la Constitution des États-Unis.

Des experts de l’ONU dénoncent une méthode assimilable à la torture

La décision de la juge s’appuie notamment sur des avis d’experts des Nations unies, qui comparent l’inhalation d’azote à une forme de « torture ». Selon la magistrate, le gaz provoque une privation d’oxygène qui expose le condamné à une détresse respiratoire aiguë et à une souffrance intense avant la mort.

La Cour suprême intervient in extremis

Ce blocage fédéral intervient alors que la Cour suprême des États-Unis avait déjà empêché in extremis, le 12 juin 2026, une exécution programmée par inhalation d’azote en Alabama. La plus haute juridiction du pays n’avait pas statué sur le fond de la méthode, mais avait suspendu l’exécution pour des motifs procéduraux.

Un précédent qui pourrait faire jurisprudence

L’Alabama est l’un des rares États américains à avoir instauré la suffocation à l’azote comme alternative aux injections létales, face aux difficultés d’approvisionnement en produits pharmaceutiques. La décision de la juge fédérale interdit désormais le recours à cette technique sur l’ensemble du territoire de l’Alabama, tant que l’affaire n’est pas tranchée en appel.

Cette interdiction pourrait avoir des répercussions au-delà de cet État du sud des États-Unis, où d’autres pénitenciers envisageaient d’adopter ce procédé. Les opposants à la peine de mort saluent une victoire juridique, tandis que les autorités pénitentiaires alabamiennes n’ont pas encore annoncé si elles feraient appel de la décision.