La scène rock française reste encore très majoritairement masculine, en particulier derrière les instruments. Pour tenter d’inverser la tendance, la bassiste Lola Frichet a lancé l’initiative « More Women on Stage », un collectif visant à accroître la visibilité et la présence des femmes sur scène.

Un constat d’inégalité persistant

Musicienne de rock depuis une quinzaine d’années, Lola Frichet a joué dans plusieurs groupes et constaté à chaque fois le même déséquilibre : sur les affiches de festivals, dans les line-up des salles de concert, les femmes sont largement sous-représentées, surtout comme instrumentistes. « Quand je regarde les programmations, je vois très peu de bassistes, guitaristes ou batteuses », explique-t-elle. Les chanteuses sont plus nombreuses, mais les postes « techniques » restent souvent masculins.

Un collectif pour agir

« More Women on Stage » se présente comme un collectif informel mais structuré, qui vise à mettre en relation des musiciennes, des bookeuses et des programmateur·rices. L’objectif est de créer un vivier de talents féminins facilement identifiables et de pousser les organisateurs à les engager. Lola Frichet espère ainsi contribuer à faire évoluer les mentalités et les pratiques d’un milieu qu’elle juge encore trop fermé.

Le collectif prévoit également d’organiser des ateliers, des jam sessions exclusivement féminines et des concerts où la parité sera respectée. « Il ne s’agit pas d’exclure les hommes, mais de rééquilibrer les choses pour que la scène rock ressemble davantage à la société », précise-t-elle.

Un premier rendez-vous

La première action publique de « More Women on Stage » aura lieu lors d’un festival à Paris, dont le nom n’a pas encore été dévoilé. Lola Frichet y réunira une formation exclusivement féminine pour un set rock énergique. Elle espère que cet exemple fera date et incitera d’autres musiciennes à se manifester.

Un mouvement qui prend de l’ampleur

L’initiative s’inscrit dans un contexte de prise de conscience plus large des inégalités de genre dans le secteur musical. Plusieurs associations et collectifs existent déjà, mais Lola Frichet estime qu’il manquait une action spécifiquement centrée sur la scène rock, souvent perçue comme un bastion masculin. « Les femmes ont toujours fait du rock, mais on ne les voit pas assez. Il faut que les programmateurs changent leur regard », insiste-t-elle.

Des défis à relever

Parmi les obstacles évoqués par la bassiste figurent le manque de modèles féminins pour les jeunes filles qui souhaitent apprendre un instrument de rock, ainsi que les stéréotypes persistants dans les écoles de musique. « On dit souvent aux filles qu’elles devraient plutôt chanter ou jouer de la flûte. Il faut casser ces clichés dès le plus jeune âge », ajoute-t-elle.

« More Women on Stage » entend donc agir sur tous les fronts : sensibilisation, mise en réseau et actions concrètes. Lola Frichet insiste sur le caractère collectif et non concurrentiel de la démarche. « Ce n’est pas une compétition, c’est une solidarité. Plus nous serons nombreuses, plus nous serons visibles, et plus la scène rock sera riche. »