Le gouvernement allemand ne se précipitera pas pour sélectionner un nouvel avion de combat de sixième génération après l’effondrement du programme FCAS (Future Combat Air System), a déclaré vendredi le ministre de la Défense, Boris Pistorius. Il s’exprimait lors du salon aéronautique ILA de Berlin, où les acteurs industriels multiplient les offres.
Un consortium de huit entreprises se positionne
Quelques jours après la rupture du partenariat de neuf ans entre la France et l’Allemagne, un groupe de huit sociétés, baptisé « Team Gen 6 », a soumis une proposition pour concevoir un appareil polyvalent destiné à l’armée de l’air allemande. L’alliance réunit Airbus, MTU, Hensoldt, MBDA, Autoflug, Diehl Defence, Liebherr et Rohde und Schwarz. Le responsable d’Airbus Defence and Space, Michael Schöllhorn, a salué lors du salon une approche « compacte », recentrée sur les besoins militaires, sans la complexité excessive due aux exigences contradictoires de multiples partenaires. Il a estimé qu’une livraison pourrait intervenir d’ici le milieu des années 2030 ou 2040.
Pistorius appelle à une évaluation rigoureuse
Le ministre s’est félicité de cette initiative, jugeant « de telles propositions nécessaires ». Il a toutefois précisé que les autorités doivent examiner en détail « ce qui peut être fait, avec qui, à quelle vitesse, à quel coût et avec quelle participation de l’industrie allemande ». Selon lui, la décision finale nécessite encore « du chemin à parcourir ». Il n’y a donc pas de calendrier précipité.
Le crash du programme FCAS
Le programme FCAS, lancé en 2017, visait à développer un chasseur de nouvelle génération remplaçant les Rafale et Eurofighter. Il a été victime de tensions récurrentes entre le français Dassault et l’allemand Airbus, notamment sur la répartition des charges de travail et les droits de propriété intellectuelle. Son arrêt formel a été officialisé cette semaine, en pleine tenue du salon ILA, une coïncidence que les observateurs jugent peu fortuite. Les deux pays cherchent désormais leurs voies respectives pour renouveler leur flotte.
Les implications industrielles et budgétaires
La fin du FCAS ouvre la voie à de nouvelles configurations. Berlin pourrait se tourner vers un projet national ou une coopération avec d’autres partenaires européens, comme l’Italie, la Suède ou le Royaume-Uni, ce dernier avançant avec son programme Tempest. Le coût d’un tel appareil, estimé à plusieurs dizaines de milliards d’euros, pèsera lourd dans les arbitrages budgétaires à venir. La ministre de la Défense a insisté sur la nécessité de concilier intérêts politiques, militaires et industriels, à l’inverse des errements passés.