Intoxications en hausse sur la côte basque

Entre le 11 et le 14 juillet, 47 cas d'intoxication attribués à l'ostreopsis ont été recensés sur le littoral basque. Cette microalgue toxique, dont la prolifération est favorisée par la hausse des températures de l'eau, provoque des symptômes respiratoires, de la fièvre et des éruptions cutanées chez les personnes exposées. Face à cette recrudescence, les autorités sanitaires ont renforcé la surveillance des plages et appellent à la prudence.

Une microalgue aux effets irritants

L'ostreopsis est une microalgue benthique qui se développe sur les fonds rocheux des zones côtières. En période de forte chaleur, elle peut proliférer rapidement et libérer dans l'eau une toxine, l'ovatoxine. Sous l'effet des vagues et des embruns, cette toxine se diffuse dans l'air sous forme d'aérosols. L'inhalation de ces particules provoque une irritation des voies respiratoires, une toux, des éternuements, ainsi qu'une sensation de gêne thoracique. Certaines personnes développent également une fièvre modérée et une éruption cutanée après un contact direct avec l'eau ou le sable contaminé.

Le réchauffement climatique en cause

Les scientifiques établissent un lien direct entre la multiplication des épisodes d'ostreopsis et le réchauffement des eaux marines. La température de l'océan au large de la côte basque a augmenté de manière significative ces dernières décennies, créant des conditions propices à la croissance de cette algue tropicale, autrefois rare sous nos latitudes. Les épisodes de bloom, ou floraison algale, deviennent plus fréquents et plus intenses chaque été, coïncidant avec les vagues de chaleur marines.

47 cas en quatre jours

Les autorités sanitaires ont fait état de 47 intoxications recensées entre le 11 et le 14 juillet sur l'ensemble du littoral basque. Ce chiffre témoigne d'une recrudescence notable par rapport aux années précédentes. Les services hospitaliers de la région ont accueilli des personnes présentant les symptômes caractéristiques, mais aucun cas grave n'a été rapporté à ce stade. Les patients se rétablissent généralement en quelques heures après avoir quitté la zone contaminée.

Surveillance et recommandations

Face à cette situation, les autorités locales ont mis en place un dispositif de surveillance renforcé. Des prélèvements d'eau et d'air sont effectués régulièrement sur les plages les plus fréquentées pour mesurer la concentration de l'algue et de ses toxines. En fonction des résultats, des interdictions temporaires de baignade peuvent être décrétées, ainsi que des recommandations d'éviter les activités nautiques générant des embruns, comme le surf ou le jet-ski. Les personnes sensibles, notamment les asthmatiques et les personnes âgées, sont invitées à éviter le bord de mer en cas de vent fort orienté vers la côte.

Un phénomène sous-estimé

Si les intoxications à l'ostreopsis ne mettent généralement pas la vie en danger, leur fréquence croissante interroge les scientifiques et les gestionnaires du littoral. La question de l'impact à long terme sur la santé des populations côtières reste ouverte. Des études sont en cours pour mieux comprendre la biologie de l'algue et les facteurs qui déclenchent sa prolifération, afin de mettre en place des systèmes d'alerte précoce.

Appel à la vigilance des estivants

Alors que la saison touristique bat son plein sur la côte basque, les autorités recommandent aux baigneurs et aux promeneurs de se renseigner sur les conditions du jour avant de se rendre à la plage. Des panneaux d'affichage et des messages sur les réseaux sociaux informent en temps réel de la présence d'ostreopsis. En cas d'apparition de symptômes après une exposition, il est conseillé de quitter les lieux et de consulter un médecin si les signes persistent.