Bamako — Le gouvernement militaire malien a officialisé une récompense de 3,5 millions de dollars (environ 2 milliards de francs CFA) pour la capture ou la mort d'Iyad Ag Ghaly, chef du groupe djihadiste Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda. L'offre a été rendue publique par le ministère de la Sécurité et de la Protection civile, dans un communiqué lu à la télévision nationale, et fait suite à une offensive majeure menée en avril par JNIM et des rebelles touaregs contre l'État malien.

Une prime étendue aux lieutenants

Outre la prime visant Iyad Ag Ghaly, les autorités ont promis 2,5 millions de dollars pour un de ses adjoints, Amadou Kouffa. Des sommes ont également été allouées pour deux chefs rebelles touaregs, dont le séparatiste Alghabass Ag Intalla. L'ordre, signé par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général de division Daoud Aly Mohammedine, désigne ces hommes comme activement recherchés pour leur implication présumée dans la planification, l'organisation et l'exécution d'actes terroristes menaçant la sécurité des personnes et des biens sur le territoire national.

Iyad Ag Ghaly, ancien diplomate devenu ennemi public numéro un

Iyad Ag Ghaly, figure la plus recherchée de la région, est un ancien diplomate malien et ancien rebelle touareg. Il est également sous le coup de mandats d'arrêt des États-Unis et de la Cour pénale internationale (CPI). À la tête du JNIM — la plus importante formation islamiste combattant les juntes sahéliennes — il a orchestré avec les rebelles touaregs, en avril dernier, des attaques quasi simultanées d'une ampleur inédite depuis plus d'une décennie. Ces assauts ont fait plusieurs morts, dont le ministre malien de la Défense, Sadio Camara.

Contexte de violences persistantes

Le Mali est en proie depuis quinze ans à des violences djihadistes et insurrectionnelles. La junte, arrivée au pouvoir par un coup d'État en 2020, avait promis de rétablir la sécurité. Le général Assimi Goïta, qui la dirige, a depuis rompu l'alliance de sécurité avec la France, ancienne puissance coloniale, et s'est tourné vers la Russie. Sur le plan intérieur, la junte a réprimé les critiques, dissous les partis politiques et accordé à Goïta un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable sans condition, repoussant sine die le retour à un pouvoir civil.

Une escalade dans la traque

En offrant cette prime, Bamako entend intensifier la pression sur les réseaux djihadistes et séparatistes qui opèrent dans le nord du pays et au-delà, dans une région sahélienne où plusieurs États sont également dirigés par des régimes militaires. La récompense pour la tête d'Iyad Ag Ghaly constitue l'une des plus élevées jamais proposées par un gouvernement sahélien pour un chef terroriste.