Violences nocturnes à Belfast
De graves émeutes ont secoué Belfast mardi 9 juin au soir, au lendemain d'une attaque au couteau perpétrée dans le nord de la ville. Des groupes de manifestants hostiles à l'immigration ont incendié des voitures et des bâtiments, bloqué des routes et ciblé des habitations. La Première ministre nord-irlandaise, Michelle O'Neill, a décrit des scènes où « des hommes masqués brûlent des familles chez elles », qualifiant ces actes de « lâcheté dégoûtante ».
L'agression qui a mis le feu aux poudres s'est produite lundi. Un homme d'une quarantaine d'années a été grièvement blessé au cou et à la tête. Le suspect, un réfugié soudanais de 30 ans, a été arrêté et devait comparaître mercredi devant un tribunal de Belfast pour répondre de tentatives de meurtre, de possession d'une arme blanche et de menaces de mort. Selon le chef de la police nord-irlandaise, Jon Boutcher, l'homme est arrivé au Royaume-Uni en 2023 et possède un permis de séjour valable jusqu'en 2028. Il n'était pas connu des services de police.
Des appels à la violence sur les réseaux sociaux
Les autorités avaient pourtant appelé au calme. Mais des figures d'extrême droite ont encouragé les protestations. Le milliardaire technologique Elon Musk a relayé un message de Stephen Yaxley-Lennon, connu sous le nom de Tommy Robinson, appelant à des manifestations anti-migration à travers le pays, ajoutant : « Ce n'est qu'en protestant RÉPÉTÉMENT et FORT qu'un changement interviendra ! » Pendant les émeutes, des hommes ont été entendus scander « les étrangers dehors », selon des témoignages.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a fermement condamné les violences, les jugeant « choquantes et inacceptables ». Dans un message publié sur X, il a déclaré : « Il est clair que des personnes ont été ciblées hier soir en raison de leurs origines, et je ne le tolérerai pas. Les responsables ressentiront toute la force de la loi. »
Un contexte de tensions sur l'immigration
Les dirigeants des cinq principaux partis politiques nord-irlandais ont publié une déclaration commune condamnant l'attaque au couteau, affirmant qu'« il n'y a pas de place dans notre société pour ce genre de brutalité ». L'agression s'inscrit dans un climat déjà tendu au Royaume-Uni autour des questions migratoires. Des manifestations de droite avaient récemment eu lieu à Southampton, dans le sud de l'Angleterre, après le meurtre d'une jeune étudiante de race blanche par un homme sikh britannique qui avait faussement allégué avoir été victime d'insultes racistes. L'immigration est devenue un sujet clivant, favorisant la montée de partis d'extrême droite comme le Reform UK.
La police continue d'enquêter sur les événements de mardi soir et appelle au calme. Les autorités craignent de nouvelles tensions alors que la comparution du suspect est imminente.