Près de sept mois après le putsch militaire survenu en Guinée-Bissau, le maintien sous surveillance domestique de Domingos Simoes Pereira, président du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), s'impose comme un enjeu diplomatique croissant. Une juridiction militaire bissau-guinéenne a ordonné, au cours du mois de juin, la poursuite de cette mesure restrictive après un nouvel interrogatoire portant sur des accusations de complot présumé contre le gouvernement aux commandes, selon les déclarations de son avocat relayées par l'AFP.

Des appels à la libération rejetés par les autorités

Le Portugal, ainsi que d'autres États membres de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), pressent les autorités de facto de Bissau de libérer l'opposant. Ces demandes sont toutefois rejetées par la hiérarchie militaire, qui les qualifie d'ingérence dans les affaires souveraines du pays. Cette confrontation verbale accroît l'isolement diplomatique de la junte, alors que la situation intérieure demeure bloquée.

Le déroulement du coup d'État de novembre 2025

Les événements ayant conduit à l'assignation de M. Pereira trouvent leur origine le 26 novembre 2025. Trois jours après la tenue du scrutin présidentiel, le pays attendait la proclamation officielle des résultats par la Commission électorale nationale, la majorité des bulletins ayant déjà été dépouillée. À 12 h 40, des détonations et des cris de panique ont retenti aux abords du palais présidentiel et du siège de la Commission. Deux heures plus tard, un communiqué diffusé par la télévision publique TGB annonçait la prise de contrôle de l'armée. Un groupe d'officiers a déclaré avoir saisi le pouvoir et destitué le président Umaro Sissoco Embalo.

La confiscation du processus électoral

Le 2 décembre suivant, la Commission électorale a indiqué ne pas pouvoir mener à son terme la procédure électorale : des hommes armés s'étaient emparés des bulletins de vote et des procès-verbaux dans ses locaux, et avaient détruit les serveurs contenant les résultats agrégés. Un Conseil national de transition a alors été mis en place pour assurer la gouvernance du pays.

Une crise aux répercussions régionales

La persistance de l'assignation à résidence de Domingos Simoes Pereira, combinée à l'absence de retour à un ordre constitutionnel, fragilise la stabilité de ce petit État d'Afrique de l'Ouest, coutumier des coups d'État. Les partenaires internationaux, dont l'Union africaine et la CEDEAO, suivent avec attention l'évolution de la situation, tandis que les autorités militaires maintiennent leur ligne de défense de la souveraineté nationale. Aucune perspective de sortie de crise n'a été officiellement dessinée à ce stade.