Dans le cadre des enquêtes sur les tentatives de déstabilisation ayant ciblé des candidats de La France insoumise (LFI) lors des élections municipales de 2026, l’attention s’est portée sur un acteur jusqu’alors peu connu : l’entité israélienne BlackCore. Alors que les autorités françaises ont officiellement identifié cette organisation comme étant derrière les manœuvres d’ingérence, des investigations menées conjointement par plusieurs médias mettent au jour une facette antérieure de ses activités : une fausse organisation non gouvernementale (ONG) prétendant soutenir la population palestinienne.
Des collectes de dons sous une bannière humanitaire
Avant d’être associée aux opérations de manipulation de l’opinion visant des responsables politiques français, BlackCore avait mis en place une infrastructure en ligne destinée à recueillir des fonds. Selon les éléments recueillis, un site internet avait été créé, présentant une association caritative fictive dont l’objectif affiché était d’apporter une aide humanitaire aux Palestiniens de la bande de Gaza. Cette plateforme de dons était accompagnée de comptes sur les réseaux sociaux, conçus pour donner une apparence de légitimité et attirer des contributeurs de bonne foi.
Les investigations ont permis de retrouver les vestiges numériques de cette opération. Le site, aujourd'hui désactivé ou transformé, ainsi que les profils sociaux, ont été analysés. Ils révélaient une mise en scène soignée : logos, charte graphique, messages de soutien et appels aux dons, le tout visant à imiter le fonctionnement d’une véritable ONG. Aucune trace d'une action humanitaire réelle n'a toutefois été constatée, ce qui conduit les enquêteurs à qualifier cette structure de « fausse ONG ».
Une méthode rodée pour des ingérences multiples
Ce n’est pas la seule utilisation de cette technique par BlackCore. Les mêmes méthodes – création de sites factices, utilisation de fausses identités numériques, campagnes de désinformation – ont été déployées, selon les sources concordantes, pour alimenter la campagne d’ingérence contre les candidats insoumis. Le but était alors de discréditer ces figures politiques en diffusant des informations trompeuses ou en orchestrant des polémiques artificielles.
L’existence de cette fausse ONG pour Gaza suggère que BlackCore disposait déjà, avant les municipales, d’une infrastructure rodée pour mener des opérations de manipulation. Elle indique également une capacité à exploiter des causes sensibles – en l'occurrence le conflit israélo-palestinien – afin de créer des leurres crédibles.
Des connexions encore floues
Les enquêtes en cours, menées notamment par des journalistes français et israéliens, n’ont pas encore permis de déterminer avec certitude les liens précis entre cette fausse ONG et d’éventuels commanditaires. Le nom même de BlackCore reste entouré d’un certain flou : il pourrait s’agir d’une société privée de conseil en influence ou d’une structure plus informelle. Les autorités françaises, qui ont officiellement mis en cause cette entité dans le cadre des municipales, poursuivent leurs investigations pour en savoir plus sur ses financements et ses donneurs d’ordre.
Cette révélation intervient alors que les menaces d’ingérence étrangère dans les processus électoraux français suscitent une vigilance accrue de la part des services de l’État. La découverte de cette précédente opération humanitaire factice ajoute une couche supplémentaire à la compréhension des méthodes employées par certains acteurs pour peser sur le débat public en France.