Les perturbations engendrées par le blocage du détroit d’Ormuz atteignent un niveau « jamais vu », a estimé le dirigeant de Shell. Lors d’une intervention relayée ce mardi, le patron du groupe pétrolier a expliqué que, même si les hostilités cessaient sur-le-champ, un retour à une situation normale exigerait « près d’un an, voire plus ».
Un goulet d’étranglement stratégique Le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part considérable des approvisionnements mondiaux de pétrole, est au cœur de la crise. Son blocus, conséquence directe du conflit régional, paralyse les flux énergétiques et provoque des tensions inédites sur les prix. Le dirigeant de Shell a souligné que les chaînes logistiques et les infrastructures pétrolières subissent des dommages dont la réparation prendra de longs mois.
Des conséquences économiques durables Au-delà des marchés pétroliers, l’ensemble de l’économie mondiale est sous pression. Les compagnies maritimes doivent revoir leurs routes, les assurances explosent et les stocks stratégiques s’amenuisent. L’incertitude géopolitique pèse également sur les investissements. Le constat du patron de Shell met en lumière une fragilité systémique qui ne disparaîtra pas avec un simple arrêt des combats.
Un horizon d’au moins un an Le dirigeant a insisté sur la durée incompressible nécessaire au rétablissement des capacités normales de transport et de raffinage. « Il faudrait près d’un an, voire plus », a-t-il déclaré, pour que les infrastructures retrouvent leur niveau de fonctionnement d’avant-crise. Cette projection contredit les espoirs d’une reprise rapide exprimés par certains observateurs. La remise en état des terminaux, le déminage des routes maritimes et la reconstitution des stocks sont autant d’étapes qui ne peuvent être accélérées.
Un appel à la vigilance Ces déclarations interviennent alors que les cours du pétrole, bien qu’élevés, n’ont pas encore atteint les sommets redoutés. Mais le dirigeant de Shell met en garde contre une fausse accalmie : les perturbations « jamais vues » pourraient encore s’aggraver si le conflit se prolongeait. Il a appelé les gouvernements et les acteurs économiques à se préparer à une période prolongée d’instabilité énergétique.