La capitale mexicaine connaît une journée de forte tension à l'occasion du match d'ouverture de la Coupe du monde 2026. Alors que des milliers de visiteurs et de supporters convergent vers le stade, plusieurs organisations, emmenées par le puissant syndicat national des travailleurs de l'éducation, ont mis en place un blocus des axes routiers menant à l'enceinte sportive. Cette mobilisation, qui se déroule depuis plusieurs jours, a pris une ampleur particulière en ce jour d'inauguration du tournoi.

Le gouvernement redoute que cette contestation ne vienne éclipser la fête sportive. La CNTE, qui dispose d'une forte capacité de mobilisation, a investi les rues de la ville pour exprimer son opposition à la tenue de l'événement, perçu comme un symbole des dérives capitalistes et une occasion manquée pour répondre aux besoins sociaux. Les manifestants dénoncent le coût faramineux de l'organisation du Mondial, estimé à plusieurs milliards de dollars, et réclament des investissements urgents dans l'éducation et la santé.

Le blocage des accès au stade, qui intervient quelques heures avant le coup d'envoi, pourrait compromettre le déroulement de la cérémonie d'ouverture et du match tant attendu. Les autorités, qui avaient pourtant promis un dispositif de sécurité renforcé, semblent débordées par l'ampleur de la contestation. Des heurts ont été signalés entre manifestants et forces de l'ordre aux abords des barrages routiers, sans que l'on connaisse encore le bilan exact.

Au-delà de la CNTE, plusieurs collectifs altermondialistes et associations de quartier ont rejoint le mouvement. Ils dénoncent la transformation de Mexico en « vitrine » du football-business, au détriment des habitants expulsés ou relégués en marge des infrastructures construites pour le Mondial. Les manifestants entendent profiter de l'attention médiatique mondiale pour faire entendre leurs revendications et mettre la pression sur le gouvernement.

Plus tôt dans la semaine, des milliers de personnes avaient déjà bloqué les accès au stade lors des répétitions générales, obligeant les organisateurs à revoir leur plan de circulation. Cette nouvelle mobilisation, qui coïncide avec le jour J, place le gouvernement dans une position délicate, tiraillé entre la nécessité de garantir le bon déroulement de l'événement et celle de ne pas durcir la répression.

Le match d'ouverture, qui doit opposer le Mexique à une équipe encore à déterminer, pourrait être retardé ou délocalisé si la situation ne se stabilise pas. Les quelque 80 000 spectateurs attendus dans les tribunes n'ont pour l'heure pas pu tous accéder au stade, et de longues files d'attente se sont formées dans un climat de tension.

Les organisateurs assurent travailler avec les autorités locales pour trouver une issue négociée, mais les syndicats préviennent qu'ils ne lâcheront rien tant que leurs revendications ne seront pas entendues. La journée s'annonce chaotique pour le Mondial 2026, qui rêvait d'une entrée en matière festive et unificatrice.