Un projet de séparation des sexes dans l’espace public

La ville de Bnei Brak, située à l’est de Tel Aviv et peuplée d’environ 200 000 habitants, est connue comme un haut lieu du judaïsme ultra-orthodoxe. Selon des informations locales, sa municipalité avait engagé des aménagements dans la rue Shlomo HaMelech afin de contraindre hommes et femmes à emprunter des trottoirs distincts. Ces travaux comprenaient l’élargissement des voies piétonnes, l’installation de barrières et la pose de panneaux indicateurs. L’objectif affiché était de faire de Bnei Brak la première ville d’Israël à instaurer une ségrégation de genre dans ses rues.

Un arrêt brutal après les protestations

Face à la levée de boucliers, les autorités municipales ont interrompu les opérations. Les panneaux déjà mis en place ont été retirés, et le projet semble aujourd’hui abandonné. Aucun signe visible de la controverse ne subsiste dans l’artère concernée, où déambulent quelques passants – pour l’essentiel des hommes en habits traditionnels noirs et quelques femmes.

Un contexte politique tendu

Ce dossier intervient alors que des élections législatives se profilent en Israël. Des voix plus modérées craignent que l’initiative de Bnei Brak ne fasse tache d’huile et ne renforce la frange la plus conservatrice de la société. Parallèlement, un projet de loi débattu au Parlement (la Knesset) vise à autoriser la séparation des sexes dans les cursus universitaires, ce qui remet en cause le principe d’égalité entre hommes et femmes pourtant garanti par la Cour suprême israélienne.

Une population majoritairement ultra-orthodoxe

Bnei Brak est un bastion de la communauté haredie. Ces dernières années, de jeunes hommes de la ville ont manifesté contre l’obligation de servir dans l’armée, arguant que leurs études de la Torah devaient les en dispenser. La question de la place des ultra-orthodoxes dans la société israélienne reste un sujet sensible, et le projet de ségrégation dans l’espace public en constitue une nouvelle illustration.