Un partenariat qui monte en puissance
BNP Paribas et Mistral AI ont officialisé une extension majeure de leur collaboration, marquant une nouvelle étape dans l'adoption de l'intelligence artificielle générative au sein du groupe bancaire. Après un premier accord signé en juillet 2024, le nouveau contrat, d'une durée de trois ans, élargit considérablement le périmètre de la coopération, qui ne se limite plus à l'accès aux modèles de langage (LLM) de la start-up.
Des équipes Mistral intégrées dans les entités de la banque
L'innovation principale de ce partenariat réside dans l'intégration de talents de Mistral AI au sein de BNP Paribas. Le directeur des systèmes d'information (DSI) du groupe, Marc Camus, a évoqué un "droit de tirage" permettant à la banque de faire appel à des data scientists et ingénieurs de l'éditeur pour rejoindre ses équipes de développement dans les différentes entités. "Nous sommes convaincus que, pour bénéficier pleinement de l'IA, nous avons besoin de transformer nos processus. Nous allons effectuer ce travail en partie avec les équipes de Mistral", a-t-il précisé. Ces équipes communes travailleront à la conception et au développement de solutions d'IA générative adaptées aux besoins opérationnels et réglementaires de la banque.
Des cas d'usage concrets dans la banque de détail et la banque d'investissement
Plusieurs cas d'usage ont déjà été identifiés. Dans la banque de détail, Sophie Heller, directrice de la transformation, a indiqué que les efforts portent notamment sur les processus dits KYC (Know Your Customer) et l'optimisation de processus de bout en bout. Chez Fortis, la filiale belge du groupe, deux premiers agents d'IA ont déjà été déployés. Dans la banque de financement et d'investissement (CIB), Charles Holive, chief AI officer de la branche, a souligné que l'IA générative est utilisée pour améliorer la recherche documentaire interne, automatiser l'extraction de données et soutenir des analyses financières complexes nécessitant le recoupement de multiples sources. "La valeur vient de l'humain : la recherche et l'utilisation des outils peuvent être effectuées par un LLM, mais nous conservons l'esprit critique au cœur de ce que nous faisons", a-t-il ajouté.
Déploiement d'assistants pour les clients et les collaborateurs
Les modèles de Mistral AI sont déjà opérationnels dans certaines applications. Chez Hello bank!, la dernière version de l'assistant virtuel HelloïZ, déployée auprès de plus d'un million de clients depuis janvier 2026, s'appuie sur ces modèles pour mieux comprendre les demandes et orienter les clients. Par ailleurs, le groupe déploie un assistant IA générative interne destiné à résumer, reformuler et traduire des contenus, générer des documents ou faciliter l'analyse de l'information. Cette solution doit être déployée dans le courant de l'année.
Une infrastructure cloud européenne à l'étude
BNP Paribas entend également étudier l'offre Compute de Mistral AI, une plateforme cloud de bout en bout hébergée et opérée en Europe. Lancée conjointement avec Nvidia en juin 2025, cette infrastructure est alimentée par 18 000 puces GPU GB200 (Grace Blackwell Superchip) dans sa première phase, avec des plans d'expansion sur plusieurs sites.
Une stratégie multi-fournisseurs assumée
Malgré ce renforcement, BNP Paribas maintient une approche multi-modèles. Marc Camus a réaffirmé que "Mistral n'est pas le seul partenaire avec lequel nous travaillons en matière d'IA". Le groupe collabore également avec Amazon Web Services, Google Cloud, IBM, Microsoft Azure et Oracle, autant de portes d'entrée vers d'autres modèles d'IA. Le montant du nouveau contrat n'a pas été divulgué.