Un nouveau test grandeur nature en Europe
La course aux robotaxis s’accélère sur le Vieux Continent. Après Uber, qui a lancé en avril un service commercial de véhicules autonomes dans les rues de Zagreb (Croatie), son concurrent Bolt a officialisé le 8 juin le démarrage d’essais de taxis sans conducteur au Luxembourg. Ce projet associe trois partenaires : Bolt, la plateforme de réservation de VTC ; Stellantis, qui fournit les véhicules via sa plateforme technique AV-Ready ; et Pony.ai, entreprise sino-américaine spécialisée dans les systèmes de conduite autonome.
Cinq véhicules électriques dans une petite commune
Dans un premier temps, cinq Peugeot e-Traveller – des utilitaires légers électriques équipés de la solution de conduite de Pony.ai – circuleront à Bissen, une localité d’environ 3 500 habitants située au centre du grand-duché. Le programme doit ensuite s’étendre progressivement à Luxembourg-Ville, la capitale, et monter en puissance jusqu’à une trentaine de taxis autonomes. L’objectif affiché est de passer à un service commercial d’ici 2027, puis d’industrialiser la production à grande échelle à partir de 2029. Bolt ambitionne à plus long terme de mettre en service 100 000 robotaxis en Europe d’ici 2035.
Un cadre réglementaire favorable
Le Luxembourg a été choisi comme terrain d’expérimentation pour sa législation jugée propice à l’innovation. Selon Stellantis, le pays autorise ce type d’essai sur simple décision ministérielle, dès lors que le périmètre géographique, le modèle de véhicule et la durée de l’expérience sont clairement définis. Pony.ai y a déjà mené des tests l’été dernier, notamment avec des Hyundai conduit par le transporteur local Émile Weber sur la commune de Lenningen. L’entreprise a également installé son centre européen de recherche et développement à Esch-sur-Alzette.
Un système de conduite de quatrième génération
Les Peugeot e-Traveller sont dotés du système Gen-7 de Pony.ai, présenté en avril 2025. Celui-ci combine 14 caméras, 9 capteurs Lidar et 4 radars à ondes millimétriques. L’entreprise revendique des gains significatifs par rapport à sa technologie précédente : une réduction de 70 % des coûts d’assemblage et de 80 % des coûts de calcul. Ces améliorations permettraient de produire des véhicules 20 à 30 % moins chers que ceux de son concurrent américain Waymo. Le niveau d’autonomie visé est le niveau 4, c’est-à-dire une conduite entièrement automatisée dans une zone prédéfinie et à vitesse limitée.
Stellantis mise sur sa plateforme AV-Ready
L’alliance avec Stellantis repose sur l’intégration du système de Pony.ai à la plateforme AV-Ready, dédiée aux véhicules utilitaires légers. Stellantis a signé un protocole d’accord avec Pony.ai en octobre 2025 pour développer cette solution. Le constructeur souligne que le programme pilote luxembourgeois s’inscrit dans une stratégie de déploiement par étapes, des prototypes jusqu’à l’industrialisation, avec un objectif de production initial fixé à 2029.
Une concurrence frontale avec Uber
Avec cette avancée, Bolt cherche à contrer les ambitions européennes d’Uber, déjà présent en Croatie (Zagreb) et qui prépare des lancements similaires à Madrid (avec WeRide), Londres (avec Wayve et Baidu) ainsi qu’en Allemagne (avec Momenta et Autobrains). Bolt revendique environ 20 % du marché européen du VTC et entend devenir un acteur majeur du taxi autonome sur le continent.