Verdict rendu pour Booba

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, ce mardi 2 juin, le rappeur Élie Yaffa, alias Booba, à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour cyberharcèlement et injures publiques à caractère raciste, a-t-on appris à l'issue de l'audience. Les faits reprochés concernent des publications sur le réseau social X, en janvier 2024, visant la journaliste Linh-Lan Dao et l'essayiste Tristan Mendès France.

Lors de l'audience du 1er avril, au cours de laquelle le rappeur de 49 ans était absent pour raisons de santé, le parquet avait requis huit mois de prison avec sursis, 30 000 euros d'amende et un stage de lutte contre la haine en ligne. La condamnation prononcée ce mardi est inférieure aux réquisitions.

Les faits reprochés

Dans les messages incriminés, Booba avait notamment identifié Linh-Lan Dao avec une photo dévalorisante et fait une allusion à la cuisine au wok, qualification retenue comme injure raciste par la partie civile. La journaliste, âgée de 38 ans, avait raconté lors du procès le déferlement de haine subi après ces publications : « J'estime avoir été jetée en pâture par M. Yaffa à ses 6 millions d'abonnés, tout ça parce que j'ai fait mon travail », avait-elle déclaré, évoquant « des centaines de tweets sexistes, racistes, transphobes et dénigrants ».

Concernant Tristan Mendès France, le tribunal a également retenu des injures racistes. Booba avait publié une photographie de l'essayiste accolée à celle du tueur en série Francis Heaulme, accompagnée du commentaire « Il est nez avant la honte », ainsi que le mot « nezfaste », jeu de mots considéré comme antisémite.

Un absent aux débats

L'artiste, qui réside aux États-Unis, n'était pas présent lors des audiences. Son avocate, Marie Roumiantseva, avait invoqué l'état de santé de son client pour justifier son absence, après un premier renvoi en décembre 2025. En garde à vue, le rappeur avait plaidé l'humour et déclaré ne pas se sentir « responsable d'une meute » qui se livrerait à du cyberharcèlement après ses tweets, selon une déposition lue par le président du tribunal.

L'avocate de Linh-Lan Dao, Ilana Soskin, avait insisté sur « la malveillance de Booba » et sur la nécessité de condamner : « Les journalistes doivent savoir que la justice les protège », avait-elle affirmé.

D'autres procédures en cours

Booba est par ailleurs mis en examen dans deux autres dossiers de harcèlement moral en ligne : l'un visant l'ancienne reine des influenceurs Magali Berdah, depuis février 2026, et l'autre visant Demdem, ex-compagne de son rival Gims, depuis octobre 2025. Ces affaires sont toujours en cours d'instruction.