Meriem Bennani et Orian Barki ont choisi d’associer l’animation à l’autofiction pour leur premier long métrage, « Bouchra ». L’œuvre, qui a récemment été présentée, raconte le parcours d’une jeune femme queer naviguant entre le Maroc et les États-Unis, un récit de coming out ancré dans deux mondes.
Une narration hybride entre réel et dessin
L’originalité du projet repose sur son mélange des genres. Les réalisatrices ont eu recours à l’animation pour traduire des événements documentés ou vécus, brouillant la frontière entre la réalité et la fiction. Cette technique permet d’aborder des séquences intimes avec une distance poétique, tout en conservant une authenticité autobiographique. Le film alterne ainsi des scènes animées avec des éléments qui relèvent du récit personnel.
Un récit entre deux continents
L’histoire de « Bouchra » se déroule à cheval entre Casablanca et New York. La protagoniste, une jeune femme issue de la diaspora marocaine, doit affronter les tensions familiales et culturelles liées à la révélation de son orientation sexuelle. Le long métrage explore les non-dits, les silences et les moments de bascule qui jalonnent ce cheminement intime. Les deux villes deviennent des personnages à part entière, symbolisant une double appartenance et une quête d’émancipation.
Un projet porté par deux regards complémentaires
Meriem Bennani, artiste vidéaste connue pour ses installations, et Orian Barki, cinéaste d’animation, unissent leurs talents pour donner vie à ce projet. Leur approche commune a été de travailler à partir de matériaux autobiographiques, qu’elles ont ensuite transposés en images animées. « Bouchra » se distingue par sa capacité à traiter un sujet sensible — le coming out dans un contexte conservateur — avec une tonalité à la fois grave et légère, sans tomber dans le misérabilisme.
Une œuvre au croisement des genres et des cultures
Au-delà du simple récit initiatique, le film interroge les notions de transmission, de secret familial et de liberté individuelle. Il met en lumière les difficultés spécifiques auxquelles peuvent être confrontées les personnes LGBTQ+ dans des sociétés où l’homosexualité reste taboue. Mais « Bouchra » ne se limite pas à un constat social : il célèbre aussi les possibles, les rencontres et les solidarités qui émergent dans ces parcours.
Une diffusion qui s’annonce
Le long métrage a déjà été projeté dans plusieurs festivals, où il a suscité l’intérêt du public et de la critique. Les réalisatrices espèrent que le film trouvera son public au-delà des cercles militants, grâce à sa forme esthétique singulière. « Bouchra » pourrait ainsi contribuer à ouvrir un espace de discussion autour des questions d’identité et d’appartenance, en particulier au sein des diasporas.