Les autorités régionales de Bruxelles ont tranché : les trottinettes électriques en libre-service ne seront plus autorisées dans la capitale belge à compter de 2027. La mesure, qui concerne les flottes proposées par les opérateurs privés, a été adoptée par le gouvernement de la région de Bruxelles-Capitale, jugeant ce mode de déplacement trop dangereux pour les piétons et les usagers.
Un bilan jugé alarmant
Les données officielles fournies par les services régionaux indiquent que, sur l'ensemble de l'année 2025, 666 personnes ont été blessées dans des accidents impliquant des trottinettes électriques. Ce chiffre, qui recense l'ensemble des incidents survenus dans la région, a été présenté comme l'un des principaux motifs ayant conduit à l'interdiction. Les autorités estiment que la cohabitation entre les trottinettes en libre-service, souvent garées de manière anarchique sur les trottoirs, et les autres usagers de l'espace public était devenue problématique, tant en termes de sécurité que de fluidité.
Un mouvement européen
Bruxelles n'est pas la première grande ville européenne à prendre une telle décision. Paris avait déjà interdit les trottinettes en libre-service en 2023, après une consultation citoyenne qui avait largement rejeté leur maintien. Madrid a emboîté le pas l'année suivante, en 2024, en adoptant une réglementation similaire. La capitale belge rejoint donc ce cercle restreint de métropoles ayant choisi d'interdire purement et simplement ce service, contrairement à d'autres villes qui ont opté pour un encadrement plus strict (zones de stationnement dédiées, limitation de vitesse, réduction du nombre d'engins).
Un calendrier progressif
L'interdiction entrera en vigueur le 1er janvier 2027. D'ici là, les opérateurs présents dans la région — dont les noms n'ont pas été communiqués officiellement — devront retirer progressivement leurs flottes. Les trottinettes électriques personnelles, achetées par des particuliers pour leur usage propre, ne sont pas concernées par cette mesure. Seules les trottinettes mises à disposition par des sociétés de location en « free-floating » (sans station fixe) sont visées.
Des réactions contrastées
L'annonce a suscité des réactions divergentes. Les associations de défense des piétons et de sécurité routière ont salué une décision « courageuse et nécessaire », estimant que les trottinettes en libre-service représentaient un « facteur d'insécurité majeur dans l'espace public ». À l'inverse, des représentants d'opérateurs de mobilité partagée ont exprimé leur déception, arguant que ces engins constituent une alternative écologique à la voiture individuelle et qu'un encadrement plus strict aurait été préférable à une interdiction totale. Le gouvernement régional a précisé que cette mesure visait à « garantir la sécurité de tous les usagers de la route et des trottoirs ».
Quel avenir pour la mobilité partagée ?
Les autorités bruxelloises ont indiqué qu'elles travaillaient parallèlement au développement d'autres solutions de mobilité partagée, notamment le vélo et les vélos-cargos en libre-service, qui pourraient être renforcés. Aucune décision précise n'a toutefois été annoncée à ce stade concernant d'éventuelles subventions ou incitations pour ces alternatives. La décision de Bruxelles pourrait encourager d'autres villes européennes confrontées aux mêmes problèmes à envisager des interdictions similaires, même si plusieurs municipalités continuent de miser sur une régulation fine plutôt que sur une interdiction pure et simple. L'avenir des trottinettes en libre-service dans d'autres grandes agglomérations belges, comme Anvers ou Gand, n'est pas encore tranché.