La Commission européenne a notifié à Google une série d'obligations exécutoires dans le cadre de la législation sur les marchés numériques (Digital Markets Act, DMA). Ces mesures visent à renforcer la concurrence sur les segments des systèmes d'exploitation mobiles et de la recherche en ligne.

Accès élargi à Android pour les assistants IA

La première décision impose à Google de garantir aux développeurs d'assistants vocaux et d'intelligence artificielle concurrents un accès aux mêmes fonctionnalités essentielles d'Android que celles dont bénéficient ses propres services. Concrètement, les tiers pourront intégrer leurs solutions d'assistant directement dans le système d'exploitation, les utilisateurs étant alors libres de choisir l'assistant par défaut lors de la configuration initiale de l'appareil. Cette obligation couvre également les applications tierces qui souhaitent interagir avec les fonctionnalités système d'Android.

Partage des données de recherche

La seconde décision contraint Google à fournir aux moteurs de recherche concurrents, ainsi qu'aux services utilisant l'IA générative, un accès aux données issues de son moteur de recherche. Jusqu'à présent, Google exploitait de façon exclusive les informations collectées lors des requêtes des internautes pour améliorer ses propres produits. Désormais, ces données devront être rendues disponibles dans des conditions équitables, non discriminatoires et transparentes, afin de permettre aux rivaux d'optimiser leurs algorithmes et d'offrir des résultats plus pertinents.

Conformité au DMA

Ces injonctions s'inscrivent dans le cadre des pouvoirs conférés à la Commission par le DMA, qui désigne les grandes plateformes numériques comme « contrôleurs d'accès » (gatekeepers). Google fait partie de ces entités soumises à des obligations spécifiques pour éviter les abus de position dominante. Les décisions publiées précisent que Google doit se conformer à ces mesures sans délai excessif, sous peine de sanctions pouvant atteindre 10 % de son chiffre d'affaires annuel mondial, voire 20 % en cas de récidive.

Impact sur l'écosystème numérique

Les analystes estiment que ces obligations pourraient remodeler le paysage européen des technologies mobiles et de la recherche en ligne. L'ouverture d'Android aux assistants concurrents devrait stimuler l'innovation dans le domaine de l'IA vocale et conversationnelle. De même, le partage des données de recherche pourrait permettre à des moteurs alternatifs, comme Qwant ou Ecosia, de gagner en pertinence et de concurrencer plus efficacement Google Search. Toutefois, Google a déjà fait savoir qu'il étudiait les décisions et pourrait contester certains aspects devant la justice européenne.

Prochaines étapes

La Commission européenne a fixé un calendrier pour la mise en œuvre des mesures. Google devra présenter, dans un délai de quelques mois, un plan détaillé décrivant les modalités techniques d'accès proposées aux tiers. Des auditions seront organisées pour vérifier la conformité de ces propositions. En cas de manquement, Bruxelles n'exclut pas d'ouvrir une procédure formelle d'infraction assortie d'amendes.