Les services de police de Budapest ont fait savoir qu'ils ne voyaient « aucune raison » de prononcer une interdiction de la marche des fiertés programmée cette année dans la capitale hongroise. Cette position, exprimée par les autorités locales, intervient dans un climat tendu autour des droits LGBTQ+ en Hongrie, où l'exécutif a adopté ces dernières années plusieurs textes de loi jugés discriminatoires par des associations et des instances européennes.
La décision de ne pas entraver le rassemblement a été officialisée après un examen des demandes et des obligations légales par la police. L'organisation du défilé, qui rassemble chaque année des milliers de participants, se heurtait à des incertitudes juridiques depuis l'entrée en vigueur d'une législation controversée restreignant la représentation et la promotion de l'homosexualité auprès des mineurs. La police a estimé qu'aucun élément ne justifiait, à ce stade, une mesure d'interdiction totale de l'événement.
Cette annonce survient alors que plusieurs voix s'étaient élevées pour réclamer que la manifestation soit autorisée, soulignant le droit de réunion pacifique garanti par la constitution hongroise. Les organisateurs de la marche des fiertés ont accueilli favorablement cette position policière, tout en restant vigilants quant à d'éventuelles entraves de dernière minute. Ils rappellent que des restrictions spatiales ou horaires pourraient encore être imposées, comme cela a été le cas par le passé.
Les autorités municipales de Budapest, traditionnellement acquises à une ligne plus libérale que le gouvernement central, n'avaient pas pris position publiquement en faveur d'une interdiction. La police, qui dépend du ministre de l'Intérieur nommé par le Premier ministre Viktor Orbán, a donc tranché en faveur du maintien de l'événement. Cette issue pourrait être perçue comme une relative ouverture dans un contexte où les droits LGBTQ+ sont régulièrement mis sous pression.
Des associations de défense des droits humains ont salué la décision, tout en appelant à une garantie écrite que le défilé pourra se dérouler sans perturbation. Elles redoutent des contre-manifestations ou des débordements, comme cela s'est produit lors d'éditions précédentes. La police a pour sa part indiqué qu'elle veillerait au maintien de l'ordre public et à la sécurité de tous les participants.
Cette autorisation de la marche des fiertés de Budapest intervient alors que, dans plusieurs pays d'Europe centrale et orientale, les rassemblements LGBTQ+ sont de plus en plus souvent ciblés par des interdictions ou des restrictions. La Hongrie, sous la conduite de Viktor Orbán, a adopté en 2021 une loi interdisant « la promotion de l'homosexualité et du changement de sexe » auprès des mineurs, ce qui a valu au pays une procédure de l'Union européenne pour violation des valeurs fondamentales. Dans ce contexte, la décision de ne pas interdire le défilé est suivie de près par les observateurs internationaux.
Les organisateurs appellent désormais à une forte mobilisation pour faire de cette édition un symbole de résistance face aux discours anti-LGBTQ+ du gouvernement. La date exacte du défilé n'a pas encore été communiquée, mais il devrait se tenir au début de l'été, comme le veut la tradition. La police a confirmé qu'elle continuerait à dialoguer avec les organisateurs pour assurer le bon déroulement de l'événement.