Samedi 11 juillet, la mobilisation contre le canal Seine-Nord Europe a rassemblé plusieurs milliers de personnes à Oisy-le-Verger, dans le Pas-de-Calais. Selon les organisateurs, entre 3 000 et 4 000 participants ont convergé vers ce village pour dénoncer un projet qualifié de « sans sens » par les opposants.
Sous une chaleur accablante, un cortège festif s'est élancé en début d'après-midi, accompagné d'une fanfare. À la sortie de la localité, la foule s'est scindée en deux groupes. Le premier a emprunté le tracé officiel, validé par la préfecture après d'intenses négociations. Le second s'est dirigé à travers champs vers les installations du chantier.
Ce second cortège a atteint sa cible environ une heure plus tard : une clôture installée pour sécuriser un futur chemin d'accès réservé aux engins et aux gravats, destiné à un chantier encore éloigné. Fils barbelés et piquets ont été démontés sur plusieurs centaines de mètres par les centaines de participants. « C'est un symbole du mépris des promoteurs du canal, a dénoncé une porte-parole du collectif Mégacanal non merci. Ils coupent un champ en deux et embêtent les agriculteurs pour sécuriser un chantier qui n'est pas près de commencer. »
Un imposant dispositif de gendarmerie était déployé aux abords du rassemblement : barrages filtrants, drones et deux hélicoptères en survol permanent. Pourtant, le démontage de la clôture n'a donné lieu à aucune intervention policière. En fin d'après-midi, un bref face-à-face a toutefois opposé des manifestants et des gendarmes mobiles à proximité d'une écluse en construction, donnant lieu à des tirs de mortiers et des gaz lacrymogènes, avant que la foule ne regagne le village.
Un projet contesté sur le fond et la forme
Le canal Seine-Nord Europe est une voie fluviale de 107 kilomètres destinée à relier le bassin de la Seine au Nord de la France et aux ports néerlandais. Avec une largeur de 54 mètres, il doit permettre le passage de péniches de très grand gabarit. Son emprise totale atteint 3 010 hectares, impactant 24 zones naturelles d'intérêt écologique. Le chantier prévoit le déplacement de 74 millions de mètres cubes de terres, la construction de six écluses et d'un pont-canal aux dimensions exceptionnelles.
Les opposants, réunis notamment autour du village militant de Villers-au-Tertre du 9 au 12 juillet, dénoncent l'impact considérable sur les zones humides et la biodiversité. La mobilisation, qui s'amplifie depuis plusieurs mois, continue de faire entendre ses critiques face à ce qu'ils considèrent comme un projet inadapté aux enjeux environnementaux.