Jordan Bardella, à la tête du Rassemblement national et candidat déclaré à l'élection présidentielle, a exposé son intention de réduire de 50 % la somme versée chaque année par la France au budget de l'Union européenne. Il qualifie cette contribution d'« excessive » et souhaite la ramener à un niveau qu'il estime plus juste.
Dans ses déclarations, le responsable politique a employé la formule « Tout changer sans rien détruire » pour décrire sa démarche. Cette proposition s'inscrit dans le cadre plus large de son programme pour la présidentielle, s'il venait à remporter le scrutin.
La France figure parmi les principaux contributeurs nets au budget communautaire, un statut que M. Bardella dénonce régulièrement. Selon lui, la part française est disproportionnée par rapport à ce que le pays reçoit en retour, notamment via les aides et subventions accordées par Bruxelles.
Cette annonce intervient alors que le débat sur le financement de l'Union européenne est relancé par les tensions budgétaires dans plusieurs États membres. Le candidat du RN propose de renégocier les modalités de la participation française, sans toutefois détailler les mécanismes précis qui permettraient d'atteindre une telle réduction.
Un geste souverainiste
Pour Jordan Bardella, cette mesure représente un acte fort de souveraineté nationale. Il estime que les contribuables français financent des politiques européennes dont ils ne tirent pas suffisamment profit. La réduction de moitié de la contribution permettrait, selon lui, de réaffirmer les intérêts de la France au sein de l'Union.
Le président du RN n'a pas précisé si cette baisse serait unilatérale ou négociée avec les partenaires européens. Il a toutefois indiqué que son projet global visait à « tout changer » dans les relations entre Paris et Bruxelles, sans pour autant « rien détruire » – sous-entendant une transformation en profondeur du cadre existant plutôt qu'une rupture brutale.
Une proposition qui divise
Cette promesse s'inscrit dans une ligne politique déjà défendue par le Rassemblement national, qui remet en cause le niveau des transferts financiers vers l'Union. Les opposants au parti soulignent qu'une telle décision pourrait provoquer des tensions diplomatiques et remettre en cause certains financements dont bénéficie la France, notamment dans les domaines agricole et régional.
Les experts budgétaires rappellent par ailleurs que la contribution française est calculée selon des règles précises, basées sur le revenu national brut et d'autres critères économiques. Une modification unilatérale serait difficile à mettre en œuvre sans enfreindre les traités européens.
Un argument de campagne
À quelques mois du scrutin présidentiel, Jordan Bardella utilise ce thème pour mobiliser son électorat sur la question du « trop-plein » européen. Il espère ainsi capter les voix des électeurs mécontents de la gestion des fonds publics par Bruxelles et de l'impact des décisions européennes sur la vie quotidienne en France.
La proposition de diviser par deux la contribution française au budget de l'UE constitue l'un des axes majeurs de son programme économique, aux côtés de mesures protectionnistes et de réformes institutionnelles.
Reste à savoir si cette annonce suffira à convaincre au-delà de son socle électoral traditionnel, alors que les sondages le placent en bonne position pour le premier tour de l'élection présidentielle.